Sénégal: Le PROCASEF pour une équité dans la gestion des statuts fonciers (Coordonnateur technique)

Dakar — Le Projet cadastre et sécurisation foncière (PROCASEF) milite pour plus d'équité dans la gestion des statuts fonciers, pour arriver à une meilleure valorisation des propriétés, a indiqué à l'APS son coordonnateur technique, Alain Diouf.

"Les défis sont nombreux, et ne serait-ce que pour l'intérêt de l'État du Sénégal, on doit aller aujourd'hui vers la valorisation sinon on risque d'être en face d'une iniquité", a-t-il dit.

Il a donné l'exemple d'un propriétaire ayant bâti sa maison dans une zone périurbaine et dont l'ensemble de l'investissement, construction et bail ou titre foncier, est évalué à 150 millions de francs CFA par exemple.

"Si un autre propriétaire construit sur le domaine national, on lui dit que son terrain, d'une égale nature, n'a aucune valeur. Son investissement, au lieu de valoir 150 millions, va valoir 100 millions. C'est quand même une iniquité", a-t-il souligné.

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Selon Alain Diouf, "les défenseurs des droits de l'homme devraient se battre" pour mettre fin à de telles situations, ou alors "une réduction et une évolution vers plus d'équité dans la gestion des statuts fonciers".

Le coordonnateur technique du PROCASEF considère qu'il y a souvent "un semblant de contradiction" entre "l'impératif de protection" des ayants droit et "l'impératif de valorisation".

Il préconise de "dépasser cette peur" consistant à penser que si on fait évoluer le statut du domaine national vers un statut supérieur permettant la valorisation des terres, cela alimenterait davantage "la spéculation foncière".

"Les propriétaires terriens sont aujourd'hui très conscients. Et il n'y a aucun propriétaire aujourd'hui qui tenterait de brader" ce qu'il a, a-t-il signalé.

Il existe des mécanismes de protection juridiques suivant lesquels il est possible de valoriser le foncier en le protégeant, fait valoir Alain Diouf, selon qui le défi de la sécurisation et de la maîtrise de la vocation des sols est tout aussi important pour le PROCASEF.

"Si quelqu'un occupe un espace qui n'est pas sécurisé, demain n'importe qui pourra venir et remettre en cause son occupation", a-t-il fait valoir.

Il a insisté sur l'importance de régler le "défi" de la planification de l'espace.

"Il faut une définition claire de la vocation des sols et du respect de la mise en oeuvre des activités sur la vocation de ces sols", au regard de la récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs, a souligné le coordonnateur technique du PROCASEF.

Il est également revenu sur la problématique de l'urbanisation en donnant l'exemple de la zone des Niayes.

"C'était le grenier de l'horticulture du Sénégal, mais qui aujourd'hui subit une forte agression du fait de l'urbanisation. Donc ça c'est un défi aussi auquel les autorités devront faire face", a-t-il relevé.

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