À 35 ans, Virginia Lamarque n'est pas seulement une femme, c'est une force de la nature. Derrière son sourire se cache une détermination à toute épreuve. Son coeur bat au rythme des vagues, en harmonie avec son île natale et ses habitants. Son parcours, tissé d'expériences et d'engagements, est un cri du coeur pour la protection de l'environnement et la justice sociale.
Après avoir brillamment achevé ses études secondaires au collège Lorette de Rose-Hill, où elle a excellé en art et en langues, Virginia a pris son envol pour l'Irlande. Pendant deux ans, elle a jonglé entre études en e-business, travail pour financer ses rêves et voyages pour élargir ses horizons.
De retour à Maurice, elle a décroché un Bachelor of Commerce en psychologie industrielle et organisationnelle à l'UNISA, avec la mention Cum Laude. Ce diplôme lui a permis de plonger au coeur des dynamiques humaines et de développer une expertise en gestion des ressources humaines.
Parallèlement, Virginia a multiplié les expériences professionnelles, travaillant notamment comme HR et Project Coordinator chez Belle Verte, une start-up dédiée à la collecte de recyclables. Depuis 2016, elle gère l'entreprise familiale d'excursions en mer, tout en occupant le poste de HR & Property Manager dans une entreprise immobilière.
Une enfance engagée, Un héritage de lutte
L'engagement de Virginia pour le social et l'environnement est un héritage familial. Fille d'un fervent défenseur de la nature, elle a grandi avec la conviction que chaque individu peut être un acteur du changement. Dès l'âge de 12 ans, elle s'est impliquée dans le tutorat d'enfants défavorisés et a participé activement aux combats de son père pour la protection de sites naturels emblématiques de Maurice, tels que la Vallée de Ferney, le lagon de Calodyne et l'île aux Bénitiers.
En 2012, elle a rejoint la « Core team » de One Future One Planet (OFOP) et a co-animé des dialogues sur le développement durable. Elle a également organisé des campagnes de nettoyage, dont celle de l'île aux Bénitiers, qui a mobilisé 200 volontaires.
En 2017, Virginia a pris la présidence de la Sea Users Association, créée pour s'opposer à un projet de ferme aquacole menaçant l'écosystème marin. Pendant deux ans, elle s'est battue sans relâche, aux côtés d'autres usagers de la mer, pour protéger leur environnement. Leur victoire a été significative, empêchant la mise en oeuvre du projet. Aujourd'hui, l'association continue de défendre l'environnement marin et les intérêts des usagers de la mer.
Île aux Bénitiers : Un cri du coeur, un appel à l'humanité
L'île aux Bénitiers, ce joyau de l'océan Indien, est aujourd'hui au coeur d'une tempête. Sa fermeture soudaine a provoqué une onde de choc, laissant des familles désemparées et des coeurs brisés. Virginia Lamarque, dont le coeur est lié à cette île depuis l'enfance, se fait la voix de sa communauté.
« Cette île, avec la montagne du Morne, fait partie de mon identité », confie-t-elle, la voix empreinte de nostalgie. La manière dont la fermeture a été orchestrée a profondément blessé Virginia et sa communauté. « Tout le monde a été mis devant le fait accompli, sans alternative, sans solution, sans soutien, juste une interdiction totale », déplore-t-elle.
Les accusations de pollution et d'activités illicites portées contre les opérateurs touristiques ont été vécues comme une véritable injustice. « Les accusations gratuites, voire diffamatoires des autorités, contre tous : les déchets et les activités illicites, sans preuves, mais directement attribués à tous les opérateurs touristiques, alors qu'ils ne sont pas là tout le temps, et qu'il y a des gens qui ont leur propre bateaux... ne pas arrêter d'entendre "illégal", alors qu'on n'a jamais pensé l'être; et ressentir la "haine" des gens dans les commentaires m'a profondément bouleversé », confie Virginia.
Au-delà de la colère, Virginia lance un appel à l'humanité. Elle demande aux autorités de considérer la situation des familles qui dépendent de l'île pour leur survie. Elle propose des solutions pour concilier préservation de l'environnement et maintien des activités économiques.
Malgré la douleur et l'incompréhension, Virginia garde espoir. Elle souhaite que cette crise soit l'occasion d'un véritable changement, d'une nouvelle approche basée sur le dialogue, la concertation et le respect. « Nous attendons de ceux qui nous représentent qu'ils n'oublient pas qu'ils nous représentent. Qu'ils écoutent pourquoi nous avons voulu qu'ils nous représentent », conclut-elle.