Madagascar: L'opposition au mégaprojet minier Base Toliara se poursuit, ses défenseurs vantent ses avantages

À Madagascar, un opposant historique au mégaprojet minier Base Toliara est en garde à vue depuis presque une semaine : le colonel Fanampera s'oppose depuis 2014 à l'extraction programmée de centaines de milliers de tonnes de minerais par an, notamment de l'ilménite, dans le sud-ouest du pays. Il a été arrêté le 25 mars à Tuléar puis transféré à Antananarivo après avoir participé à une manifestation non-autorisée contre le projet. Plusieurs protestations similaires ont eu lieu en l'espace de quelques semaines.

L'arrestation du colonel Fanampera illustre le regain de tensions qui entoure Base Toliara depuis novembre dernier et la relance de ce projet par le gouvernement, à Madagascar.

« Il y a beaucoup d'impact au niveau social, au niveau environnemental »

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Volahery Andriamanantenasoa de l'ONG CRAAD-Océan Indien, opposée au projet, affirme : « C'est surtout une personne qui essaie de défendre ses terres, de défendre sa culture, la génération future, au vu des risques qu'on connaît par rapport à ce projet. Il y a beaucoup d'impact au niveau social, au niveau environnemental. Les véritables préoccupations récemment soulevées, c'étaient les impacts en matière de radioactivité, étant donné qu'ils projettent maintenant de traiter la monazite [un minerai de terres rares, NDLR]. Le problème c'est qu'il y a un grand flou autour de ce projet. On n'a jamais eu l'occasion de voir l'étude d'impact environnementale, qui aurait dû être accessible à tout le monde, surtout aux communautés. »

Le gouvernement affirme que les zones forestières et les activités de pêche ne seront pas affectées et que des études ont été menées quant aux risques sanitaires.

« C'est un projet qui va créer des milliers d'emplois directs et indirects »

Pour Jean-Luc Marquetoux, président de la Chambre des mines de Madagascar, ce projet va profiter à la population locale : « C'est un projet qui va créer des milliers d'emplois directs et indirects, qui va avoir un effet d'entraînement pour toute l'économie locale et régionale. Il faut l'envisager également en matière d'impôts, au travers de ce qu'on appelle les ristournes minières. C'est une taxe de 5 % de la valeur des exports qui est payée par les opérateurs miniers. Ces ristournes minières sont réparties entre l'État central, les communes hôtes du projet et la région Atsimo-Andrefana, la région sud-ouest de Madagascar. »

La construction des infrastructures de la mine, à savoir des routes, une usine et un port, ne commencera pas avant mai 2026 fait savoir la société minière Base Toliara.

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