Ile Maurice: «Vers une réforme du système d'invalidité pour advantage d'équité et d'inclusion»

interview

Le seuil d'invalidité fixé à 60 % est-il toujours en phase avec les réalités des personnes en situation de handicap ? Une révision de ce critère est-elle envisagée ?

Le seuil de 60 % est en place depuis de nombreuses années, mais il fait régulièrement l'objet de contestations. En 2022, une allocation pour invalidité de Rs 2 500 a été introduite pour les personnes dont le taux d'invalidité est compris entre 40 % et 59 %. Cependant, ce montant reste très faible, tout comme la pension d'invalidité elle-même. L'évaluation effectuée par le Medical Board est souvent expédiée en quelques minutes seulement, ce qui pose un problème de fond. Le critère d'évaluation est désormais obsolète. Des Medical Guidelines ont été mises à jour en 2016 et encadrées par la Pensions Act, notamment en ce qui concerne l'invalidité et les amputations.

Nous avons donc décidé de mettre ce sujet en avant afin de l'ouvrir au débat public. Nous invitons les Mauriciens et les associations qui accompagnent au quotidien les personnes en situation de handicap à partager leurs expériences et leurs propositions. Nous réfléchissons à l'introduction d'un système de prestations graduelles en fonction du degré d'invalidité. Dans cette approche, une personne présentant un taux d'invalidité de 30 % pourrait bénéficier d'une compensation proportionnelle à son handicap. Pour avancer dans cette direction, nous étudions les modèles adoptés par d'autres pays qui ont déjà mis en place un tel système. L'objectif est de garantir une prise en charge plus juste et adaptée aux besoins des bénéficiaires.

Le «Medical Board» ne compte pas systématiquement de représentants des associations des personnes en situation de handicap. Serait-il envisageable de les intégrer pour une meilleure prise en compte des réalités du terrain ?

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Actuellement, 50 % des bénéficiaires de la pension d'invalidité ne la perçoivent que pour un an. Ce système n'est plus adapté aux réalités des personnes en situation de handicap. Il est crucial de réviser la durée d'attribution des pensions, notamment pour les maladies chroniques ou irréversibles. Certains patients doivent systématiquement renouveler leur demande, alors que leur condition médicale ne changera jamais. Cette procédure est non seulement lourde, mais aussi injuste pour les bénéficiaires.

Grâce à l'intervention d'Ameegah Paul, nous allons introduire un changement significatif : l'intégration de représentants des associations de personnes handicapées, soit au Medical Board, soit au Medical Tribunal. Nous estimons essentiel que ceux qui vivent directement ces réalités participent aux prises de décisions concernant l'évaluation du handicap. Cela garantirait plus de transparence et d'équité dans les processus d'évaluation et d'attribution des pensions. Nous invitons d'ailleurs toutes les personnes ayant des propositions à nous les soumettre avant le 10 avril.

Le montant des allocations et indemnités d'invalidité est souvent jugé insuffisant par les bénéficiaires. Une revalorisation est-elle à l'étude pour répondre aux besoins des personnes concernées ?

À ce stade, nous n'avons pas encore engagé de discussions spécifiques sur une revalorisation des allocations et indemnités d'invalidité. Cependant, cette question figure parmi les priorités du gouvernement. Nous avons prévu d'organiser des rencontres avec les parties prenantes, ainsi que la mise en place d'un comité interministériel chargé d'examiner ce dossier en profondeur. Notre objectif est de rendre le système plus efficace afin que les Mauriciens en situation de handicap puissent vivre avec plus de dignité et bénéficier d'un meilleur accompagnement.

Nous devons également porter une attention particulière aux populations les plus vulnérables, notamment les personnes en situation de handicap, celles vivant dans l'extrême pauvreté, les pensionnaires en foyers d'accueil et les personnes âgées.

Ces catégories de population sont au coeur des priorités du gouvernement, et nous travaillons activement à l'amélioration de leur qualité de vie à travers des mesures concrètes.

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