Ile Maurice: Entre défis économiques et surveillance du FMI

Confiance chez les dirigeants d'entreprises, selon une étude de PwC

Les nouvelles projections de croissance de Statistics Mauritius pour 2024, fixées à 4,7 % du produit intérieur brut (PIB), sont inférieures à celles actualisées par le nouveau gouvernement en décembre (5,1 %) dans The State of the Economy. Avec une prévision de croissance de seulement 3,3 % pour l'année en cours, le ministère des Finances fait face à un véritable défi au moment où le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et son junior minister, Daneshwar Damry, lancent les premières consultations prébudgétaires.

Le calendrier de ces discussions coïncide avec la visite d'une délégation du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Mariana Colacelli. Dès hier, celle-ci a entamé ses rencontres avec le gouverneur de la Banque de Maurice, Rama Sithanen, en vue de préparer le rapport 2025 de l'Article IV. Attendu à la fin du mois, ce rapport constituera la base pour définir les grandes orientations du prochain exercice budgétaire.

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En attendant, deux secteurs clés de l'économie affichent des perspectives moroses pour 2025, suscitant des inquiétudes au ministère des Finances. Le bâtiment et travaux publics (BTP), après une croissance de 9,1 % en 2023 puis de 13,3 % en 2024 grâce aux projets d'infrastructure publique (logements sociaux, bâtiments publics) et privée (smart cities, morcellements, rénovation d'hôtels), devrait connaître une stagnation en 2025.

Le secteur de l'hôtellerie et de la restauration est confronté à une situation similaire. La croissance a atteint 5,6 % en 2024, en deçà des prévisions de 7,4 %, en raison d'une baisse des arrivées touristiques (1,382 million contre 1,4 million attendus). Les chiffres des deux premiers mois de 2025 confirment cette tendance avec une baisse de 7 %, alors que les Maldives et le Sri Lanka enregistrent une hausse de 15 % sur la même période. Face à cette érosion de la compétitivité, les professionnels du secteur estiment qu'il est urgent que la Mauritius Tourism Promotion Authority mette en place un plan stratégique pour inverser la tendance.

Outre ces secteurs, d'autres indicateurs économiques clés suscitent des préoccupations. L'investissement, moteur essentiel de la croissance, devrait baisser de 1,8 % en 2025 après avoir connu une croissance de 8,3 % en 2024. Cette tendance prolongée inquiète : selon The State of the Economy, le taux d'investissement est passé de 21,9 % entre 2010 et 2014 à 18,5 % entre 2015 et 2023, avec une désaffection marquée du secteur privé (16,6 % à 14,1 % sur la même période).

Au ministère des Finances, techniciens et conseillers économiques sont pleinement conscients que la tâche sera herculéenne pour arriver à un équilibre budgétaire avec une dette publique atteignant Rs 546,1 milliards en juin 2024, révisée à Rs 559,1 milliards en décembre dernier, tandis que le déficit budgétaire s'élève à 6,7 % du PIB pour l'année fiscale 2024-25. «Avec un PIB en baisse après avoir été artificiellement gonflé et un déficit en hausse, le ratio de la dette publique est appelé à augmenter», souligne-t-on au ministère.

Malgré ces perspectives contrastées, les dirigeants d'entreprise restent confiants dans la croissance économique locale et internationale. Selon une étude de PwC rendue publique hier, 76 % d'entre eux affichent un optimisme certain. Toutefois, leurs principales préoccupations demeurent la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée, l'inflation et les cybermenaces. Alors que les consultations prébudgétaires se poursuivent sous l'oeil attentif du FMI, le gouvernement devra jongler entre consolidation budgétaire et mesures incitatives pour soutenir une économie en lambeaux.

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