Ile Maurice: Ashik Jagai et l'ex-SST accusés de complot avec un présumé trafiquant

Nouvelle déposition explosive contre le surintendant de police (SP) Ashik Jagai, ancien patron de l'ex-Special Striking Team (SST). La thèse de drug planting plane à nouveau sur lui et son ancienne équipe. Un policier affecté à l'Emergency Response Service Metro North a fait une déposition au Central Crime Investigation Department (CCID), lundi. Selon le policier, un présumé trafiquant proche de Jean Hubert Celerine, alias Franklin, et le SP Ashik Jagai, de la SST qui a été démantelée après les élections générales de novembre, auraient ourdi un complot. Le présumé trafiquant aurait fait venir de la drogue de La Réunion et une partie de la marchandise aurait été remise au haut gradé qui l'aurait utilisée pour piéger Bruneau Laurette.

On se souvient de l'opération de la SST qui avait fait couler beaucoup d'encre en octobre 2022. L'ex-commissaire de police, Anil Kumar Dip, avait annoncé lors de sa conférence de presse qu'environ 100 kg de cannabis avaient été saisis à Rivière-Noire. L'ex-patron des Casernes centrales avait cependant expliqué qu'au moment où il s'adressait aux journalistes, il faisait référence au «gross weight» et que l'exercice de pesage était en cours. Par la suite, il s'est avéré que le poids net et final du cannabis saisi, sans les emballages, s'élevait à 58 kg. Lors de cette opération, huit suspects avaient été arrêtés, dont le policier Jonathan Rabot. Ce dernier avait clamé son innocence et avait expliqué avoir été approché pour effectuer une course.

Mais selon la déclaration du policier au CCID, 46 kilos de haschich, qui feraient partie de la marchandise, auraient été remis au SP Jagai. Cette drogue correspondrait à la saisie de drogue chez l'activiste politique Bruneau Laurette en novembre 2022. Le présumé trafiquant aurait reçu des instructions pour détruire le bateau utilisé pour ramener la drogue, mais il ne l'aurait pas fait. Ensuite, le présumé trafiquant avait été convoqué par la Central Criminal Division du port après la saisie du bateau, mais ne voulant pas se faire prendre, un ami l'aurait dirigé vers le policier. C'est là qu'il aurait tout déballé et expliqué le modus operandi et les négociations qu'il aurait eues avec le SP Jagai. Le policier a fourni des captures d'écran de conversations. Le portable du policier a été examiné par l'IT Unit de la police.

De son côté, le SP Jagai a riposté. Il a fait une énième precautionnary measure (PM) au poste de police de Moka, lundi. Le haut gradé relate qu'il a été informé de manière crédible que certaines personnes de mauvaise foi, déjà perverties par divers moyens, se présenteront, soit avec des fonctionnaires, soit de leur propre initiative, pour faire diverses fausses et malveillantes dénonciations à son encontre et à l'encontre des membres de l'ex-SST concernant des accusations de drug planting et de pratiques de corruption. Pour le haut gradé, cela indique qu'il semble y avoir une série d'actes et d'agissements concertés de la part de certaines personnes visant à fabriquer des affaires et à porter de fausses accusations contre lui et les anciens membres de la SST.

Manipulation des foules

Le SP Jagai a aussi déposé une autre plainte contre Vimen Sabapati et l'ex-Woman Police Constable (WPC) Goomanee, lundi. Il relate que son équipe a arrêté Vimen Sabapati avec plus de Rs 150 millions d'héroïne. Il rappelle qu'il a fait une déposition au poste de police de Saint-Pierre, le 7 mars, afin d'expliquer les divers complots visant à disculper ledit suspect et d'autres, ainsi que l'utilisation des médias sociaux, du réseau politique, de la presse et de témoins manipulés.

Après avoir été informé que l'ex-WPC Goomanee avait fait une déclaration alléguant diverses malversations dans l'affaire susmentionnée, où l'accusé et son ex-avocat sont intervenus à la radio et sur les médias sociaux dans une émission d'un groupe de presse, présentant les enregistrements produits par l'ex-WPC à la police, plusieurs vidéos, enregistrements et conversations ont été diffusés sur les médias sociaux. On y entend l'ex-WPC parler avec Vimen Sabapati pour tronquer des enregistrements qu'elle prétend posséder afin de créer des scénarios pour disculper Vimen Sabapati dans l'affaire de trafic de drogue, induisant ainsi les autorités en erreur pour qu'elles prennent de mauvaises décisions.

Deux liens TikTok, en particulier avec les comptes d'utilisateurs «la veriter pou dehors» et «@laveriterpoudehor3», montrent clairement comment la propagande et la manipulation des foules ont été utilisées. Selon le haut gradé, Vimen Sabapati, qui est actuellement en liberté sous caution, n'a rien à perdre et est prêt à aller à tous les extrêmes pour se disculper, a par le passé divulgué certaines conversations aux médias et a même fait une déclaration sous serment à ce sujet, ce qui est également évident dans l'émission de 5 mars. Il demande au commissaire de police d'enquêter sur cette affaire. Il a produit une clé USB contenant diverses vidéos, telles que décrites, trouvées sur internet.

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