À Madagascar, la saison des cyclones semble toucher à sa fin. Cette année, le sud de l'océan Indien a enregistré 14 systèmes cycloniques, dont quatre ont directement frappé la Grande Île. Alors que la pression redescend progressivement, la Direction générale de la météorologie entame une grande transformation de son centre de prévisions hydrométéorologiques et de ses stations météo pour améliorer la collecte des données et affiner les analyses météorologiques.
La « grotte sombre » qui faisait office de centre de prévisions météorologiques a été transformée en une salle lumineuse, qui communique directement sur le studio d'enregistrement du bulletin météo. Des écrans de visualisation recouvrent désormais les murs. Un environnement beaucoup plus agréable, dont se réjouissent les trois prévisionnistes, habitués à vivre quasiment 24h/24 au bureau pendant la saison cyclonique.
Mais cette transformation ne s'arrête pas à l'esthétique. Sous peu, de nouveaux équipements de pointe viendront renforcer les capacités du centre, explique Rivo Randrianarison, chef prévisionniste à Météo Madagascar. « Dix nouvelles stations synoptiques, une vingtaine de stations hydrologiques. Il y aura une vingtaine de stations pluviométriques également qui vont être répartis à sur l'ensemble de l'île, donc ça va largement contribuer à l'amélioration de la qualité des prévisions et de la surveillance des conditions extrêmes. J'avoue que l'on travaillait en mode système D avant, même si on a toujours réussi à assurer notre mission pour la protection de la population et de ses biens. Mais là, ça va changer. »
Un financement à quatre millions d'euros
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Un ensemble de dispositifs qui représentent un financement de quatre millions d'euros, octroyé par l'Organisation mondiale de la météorologie, le Programme des nations unies pour le développement et la Météorologie allemande (Programme Soff - Systematic Observations Financing Facility).
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Accepter Gérer mes choix L'objectif est de renforcer la capacité de Madagascar, pays de plus en plus soumis aux phénomènes climatiques intenses, d'affiner ses prévisions et bénéficier d'un maillage complet de son territoire. Une nécessité, selon Valéry Ramonjavelo, ministre des Transports et de la météorologie. « Nous devons mettre les moyens et l'accent pour permettre d'avoir des données beaucoup plus fiables et qui avec ces alertes précoces peuvent non seulement faire diminuer les risques de perte de vie, mais également aussi les détériorations des infrastructures qui existent à Madagascar. »
Un outil pour la conservation de la biodiversité
Outre les prévisions météorologiques, la réhabilitation des stations et la construction de cinq nouvelles stations aux standards internationaux profiteront aux chercheurs et organisations de conservation de la faune et la flore. Pour Harison Andriambelo, directeur pays de Wildfowl and Wetlands Trust, ONG spécialisée dans la protection des oiseaux et des zones humides : « l'accès à ces nouvelles données climatiques nous aidera à mieux comprendre l'adaptation des écosystèmes face au changement climatique, mais aussi à prévenir les risques futurs. »