Les fidèles musulmans de la région de Sédhiou ont célébré hier lundi 31 mars la fête de l'Eïd El-Fitr. A la grande mosquée de Sédhiou, l'imam ratib, Cheikh El Hadji Boubacar Dramé a plaidé pour la construction des unités industrielles dans la région de Sédhiou dans le sillage de la création d'une chaîne de valeurs et de solutions durables à la crise migratoire, le désenclavement routier avec le projet de construction du pont de Témento mais aussi pour l'amélioration des écoles coraniques appelées «Daaras».
Les fidèles musulmans de Sédhiou ont sacrifié hier, lundi 31 mars la prière des deux rakkats marquant la fin du mois béni de Ramadan Moubarack, une période de dévotion sublime, de pénitence et d'entre aide. Dans son sermon, l'imam ratib de la grande mosquée de Sédhiou a félicité et encouragé les fidèles qui ont fait montre d'un élan de solidarité et de respect des prescriptions religieuses. Imam Cheikh El Hadji Boubacar Dramé a ensuite porté un large plaidoyer en faveur de la création d'unité industrielle dans la région de Sédhiou pour dit-il, «lutter» contre la pauvreté et la migration irrégulière des jeunes.
«Certes l'Etat est en train de faire des efforts mais nous pensons qu'il a encore à faire surtout dans cette région de Sédhiou. Nous sommes estampillés région la plus pauvre du Sénégal alors que nous disposons d'un riche potentiel naturel. Nous avons des produits de l'agriculture et des fruits qui pourrissent alors que si nous avions des unités industrielles, ce potentiel allait être transformé, conditionné et labélisé», a fait remarquer le guide religieux avant de préciser que «la chaîne de valeur qui va se créer va absorber le flux de chômeurs et couper la route de la migration irrégulière».
Loin de s'en tenir-là, l'imam Boubacar Dramé a également abordé dans son prêche la question de désenclavement routier en plaidant notamment la réhabilitation de l'axe routier Sédhiou/Carrefour Ndiaye et le pont de Témento. «C'est aussi un besoin pressant ici, nos routes ne sont pas en bon état. C'est le cas entre Sédhiou et Carrefour Ndiaye, la principale porte d'entrée nord de Sédhiou. Les travaux de la boucle du Boudié sont à l'arrêt, le projet du pont de Témento plus personne n'en parle», a-t-il déploré avant de lancer. «Nous demandons aux nouvelles autorités de nous tirer d'affaires». Par ailleurs, le guide religieux a également demandé qu'une attention plus accrue soit portée à l'amélioration des écoles coraniques appelées «Daaras» ainsi qu'à la grande mosquée qui fait face à certaines contraintes de charges fixes.
S'exprimant à la fin de la prière, le Gouverneur de la région de Sédhiou, Diadia Dia, a salué cette intervention de l'imam avant d'assurer que la plupart des doléances soulevée sont en cours de prise en charge. «Les unités industrielles permettront effectivement de fixer les jeunes dans leur terroir de départ. Je pense par exemple aux camions qui extraient du calcaire pour en faire des carreaux ailleurs alors que si l'usine est implantée sur place, ce serait plus bénéfique, et pour les populations et pour les promoteurs», a-t-il d'emblée admis.
Poursuivant son intervention, le chef de l'exécutif régional de révéler dans la foulée sur la question du désenclavement que l'état a pris toutes les dispositions pour une reprise progressive des travaux. «Au niveau de l'axe Sédhiou/Carrefour Ndiaye, effectivement le seuil de dégradation est très avancé et le ministre du transport est informé et des dispositions utiles seront incessamment prises dans le sens de la réhabilitation», a insisté le gouverneur de Sédhiou, Diadia Dia.