Tunisie: Kébili - Vétusté des réseaux d'irrigation - Une menace pour les zones irriguées

4 Avril 2025

La dégradation des réseaux d'irrigation dans la région a entraîné une dilapidation de volumes considérables d'eau sur une surface de plus de 11.000 hectares. En raison des fuites et de l'usure des conduites, une quantité importante de cette ressource précieuse se perd avant même d'atteindre les parcelles agricoles, mettant en péril la viabilité des exploitations agricoles.

Face à cette situation critique, on constate une augmentation significative du nombre de puits creusés dans les plantations privées, lesquelles couvrent désormais une superficie de 30.000 hectares. Le recours croissant à l'exploitation des eaux souterraines pour compenser les pertes d'eau du réseau d'irrigation constitue une réponse des agriculteurs à la défaillance des infrastructures existantes. Cependant, cette exploitation dépasse de plus de 50 % les volumes autorisés, aggravant la pression sur les ressources hydriques souterraines, déjà fragiles. Cela est dû en grande partie à l'état de détérioration avancé des canalisations d'irrigation, malgré les efforts des services du Crda (Commissariat régional au développement agricole) pour entretenir et maintenir le réseau.

En plus des défaillances structurelles des conduites, des méthodes d'irrigation archaïques, notamment le recours à des techniques de surface dépassées, contribuent à des pertes considérables d'eau. Ces pratiques ne permettent pas une gestion efficace des ressources hydriques et accentuent la dilapidation de cette ressource rare dans un contexte de sécheresse accrue. De nombreux experts soulignent que l'adoption de méthodes modernes d'irrigation, comme l'irrigation goutte-à-goutte, pourrait permettre une utilisation plus rationnelle de l'eau, réduisant les fuites et optimisant les apports en eau dans les parcelles cultivées.

Un appel est lancé aux agriculteurs pour qu'ils adoptent ces systèmes d'irrigation modernes. En effet, le ministère de l'Agriculture, en partenariat avec les autorités locales, propose un soutien financier et technique pour la mise en place de ces infrastructures modernes. L'irrigation au goutte-à-goutte permet non seulement de réduire les pertes d'eau, mais aussi de maximiser les rendements agricoles tout en préservant les ressources hydriques disponibles.

Par ailleurs, les interventions du Crda en matière d'entretien des réseaux d'irrigation s'élèvent à environ 100 à 150 interventions par an, incluant la fourniture des pièces de rechange pour les groupements d'eau, chargés de la gestion de l'approvisionnement en eau. Malgré ces efforts, l'ampleur de la tâche et l'état de dégradation avancé des infrastructures nécessitent des investissements supplémentaires pour garantir la pérennité des systèmes d'irrigation.

Ainsi, une action concertée entre les agriculteurs, les autorités locales et le ministère de tutelle est impérative pour moderniser le réseau d'irrigation et éviter une crise hydrique majeure, qui pourrait avoir des conséquences désastreuses sur la production agricole et la sécurité alimentaire dans la région.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 110 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.