Mali: Bientôt plus de partis politiques au pays ?

Les autorités de la transition ont annoncé la consultation des forces vives de la nation en vue de réduire ou de dissoudre les formations politiques du pays.

Le renversement du régime du général Moussa Traoré en 1991 a ouvert la voie à la démocratisation et au pluralisme politique au Mali. Une époque marquée par la délivrance des autorisations aux associations afin qu'elles changent de statut pour devenir des formations politiques. C'était l'une des principales revendications de la révolution.

De la formation des partis aux coups d'Etat

Nouhoum Togo, président du parti USR et acteur du mouvement démocratique malien se souvient de cet épisode :

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"Nous avons commencé avec les associations, c'est-à-dire les associations politiques comme le CNID Faso Yiriwa Ton, l'Adema Association qui sont restés dans la lutte avec la jeunesse comme l'association des élèves et étudiants du Mali et d'autres associations", raconte celui qui deviendra plus tard chargé à la communication du ministère de la Défense et des Anciens combattants sous Amadou Toumani Touré.

C'est ainsi que le CNID Faso Yiriwa Ton s'est vite transformé en parti politique, tout comme l'Adema Pasj qui donne au Mali le 08 juin 1992 son premier président démocratiquement élu en la personne d'Alpha Oumar Konaré.

Mais en près de trois décennies, l'ère démocratique connaitra deux coups d'Etat : celui de 2012, puis celui de 2020, qui ont plongé le Mali dans la pire crise sociopolitique et sécuritaire de son histoire.

Vers une dissolution des partis ?

Pour une partie de la population malienne, l'échec de la démocratie vient principalement de la classe politique. Cet argument est quasiment repris par les autorités de la transition qui ont donc décidé de consulter les forces vives de la nation avant de peut-être prononcer la dissolution des partis politiques.

Sidi Touré, chargé de communication du Parena, le parti pour la renaissance de Tiebilé Dramé, ancien ministre des affaires étrangères, déclare ne pas se faire d'illusions quant à l'avenir des partis politiques.

"Il y a d'autres critères qu'on peut choisir, notamment la participation des partis aux différentes élections. Regardons par exemple le nombre des partis qui ont des élus, particulièrement des députés, des conseillers ou encore des maires", suggère Sidi Touré.

"Sur la base de ce critère-là, on peut bien entendu procéder à la limitation du nombre des partis politiques. Mais vouloir passer par les forces vives, je pense qu'en la matière, les dés sont pipés et l'objectif recherché, c'est la dissolution pure et simple des partis".

En avril 2024, les autorités de la transition avaient déjà suspendu les activités des partis politiques et les activités à caractère politique des associations pour une période de trois mois.

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