Madagascar: Taxation de 47% - La partie américaine ouverte aux négociations

La séance d'information (notre photo) sur les nouveaux droits de douane s'est tenue à huis clos, sur ordre de l'ambassade américaine. Le secteur privé a pu exprimer ses préoccupations et questionner l'ambassadeure américaine.

Une réunion entre les autorités malgaches, le secteur privé et l'ambassadrice des Etats-Unis à Madagascar, Claire Pierangelo, a eu lieu hier au ministère des Affaires étrangères. Une rencontre qui témoigne, en tout cas du fait que la partie américaine est ouverte aux négociations

La présence de trois membres du gouvernement, en l'occurrence la ministre des Affaires étrangères, Rasata Rafaravavitafika ; la ministre de l'Economie et des Finances, Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison ; et le ministre de l'Industrialisation et du Commerce, David Ralambofiringa ; ainsi que du directeur général des Douanes, Ernest Zafivanona Lainkana, à cette réunion témoigne certainement de la volonté de l'exécutif malgache à apporter rapidement des solutions, face à cette nouvelle législation dont les impacts risquent d'être extrêmement dommageables pour l'économie nationale.

Inquiet.

Le secteur privé était venu en force avec notamment les représentants des groupements patronaux comme le Groupement des Entreprises de Madagascar (GEM), le Groupement des Entreprises Franches et Partenaires (GEFP) et le Syndicat des Industries de Madagascar. Un secteur privé plus que jamais inquiet face aux conséquences de cette taxe de 47% qui s'applique à partir d'aujourd'hui. A l'instar des exportateurs de vanille qui ont actuellement des marchandises flottantes, à destination des Etats-Unis.

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Leur cargaison risque tout simplement d'être retournée puisqu'ils ne seront jamais compétitifs avec cette nouvelle taxation. Le problème est le même pour les exportateurs du textile si jamais, le nouveau système de taxation entraîne automatiquement le bénéfice des tarifs préférentiels issus de l'AGOA pour le textile et du Système Généralisé de Préférence pour la vanille.

« Les licenciements et les chômages techniques seront inévitables à cause des nouveaux droits de douanes », a déclaré, hier, à l'issue de cette séance, la présidente du GEFP, Béatrice Chan Chin. Pour le moment, tout n'est pas encore clair concernant la portée exacte de cette nouvelle taxation. En effet, selon les informations que nous avons pu recueillir, même l'ambassadrice des Etats-Unis n'a pas encore de détails précis sur l'application concrète de cette mesure. Bref, des informations supplémentaires sont encore attendues.

Grand pas

En tout cas, la rencontre d'hier, qualifiée de dialogue stratégique sur le nouveau régime douanier américain constitue un grand pas dans les actions destinées à défendre les intérêts économiques du pays. « Face à cette situation, le gouvernement malgache a engagé des actions concrètes et immédiates », indique le MAE dans un communiqué publié, hier. Il s'agit selon toujours ce département d'un « dialogue bilatéral constructif avec les autorités américaines est en cours, incluant des échanges techniques visant à comprendre les motivations de cette décision, à explorer les ajustements possibles au niveau national et à préserver les acquis du partenariat commercial, notamment dans le cadre de l'AGOA ».

Ce dialogue constructif a des chances d'aboutir sur du concret puisque de son côté, la partie américaine affiche une volonté de s'ouvrir aux négociations. Concernant plus particulièrement les entreprises exportatrices, l'ambassadrice américaine les a encouragées à se concerter avec leurs clients américains pour défendre leur cause auprès de l'administration Trump. En effet, les acheteurs américains sont aussi frappés par cette mesure dans la mesure où ils risquent de perdre leur clientèle avec la hausse des prix que la nouvelle taxation provoquera.

Par ailleurs, les négociateurs malgaches peuvent mettre en avant le fait qu'étant avant tout un pays agricole, Madagascar n'est pas véritablement un pays concurrent des Etats-Unis, en termes de balance commerciale. Par ailleurs, « Madagascar a entamé des concertations avec d'autres pays africains également touchés, en vue d'une coordination régionale et d'une position commune dans les plateformes de dialogue avec les États-Unis ». Bref, l'espoir est encore permis pour une résilience des exportations malgaches face à cette onde de choc provoquée par la taxe Trump.

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