Maroc: Le pays plus compétitif que l'Asie? Les économistes partagés face aux nouvelles taxes douanières de Trump

Une semaine après l'annonce par Donald Trump de l'imposition de nouvelles taxes douanières à l'échelle mondiale, les économistes marocains s'interrogent sur les conséquences potentielles de ces mesures pour l'économie nationale. Le Maroc, qui hérite d'une taxation plancher de 10%, pourrait paradoxalement en tirer profit.

Pour Mohamed Jadri, directeur de l'Observatoire de l'action gouvernementale, la décision du président américain pourrait même être une aubaine : « Le Maroc va sortir gagnant de ces dernières décisions prises par le président Donald Trump. » Il rappelle que les échanges commerciaux entre le Maroc et les États-Unis restent modestes : environ 7 milliards de dollars en 2024, avec une balance largement favorable aux États-Unis. Les États-Unis ne représentent que 4% des exportations marocaines, malgré l'accord de libre-échange signé en 2006 -- désormais fragilisé par les nouvelles barrières tarifaires.

Selon lui, cette situation pourrait jouer en faveur des produits marocains, devenus plus compétitifs que ceux provenant d'Asie, notamment dans le textile. Il estime également que les investisseurs étrangers, qu'ils soient chinois, européens ou américains, pourraient être tentés de s'implanter au Maroc pour bénéficier d'une main-d'oeuvre bon marché tout en contournant les barrières tarifaires les plus strictes.

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Des craintes pour l'économie marocaine

Mais cette analyse n'est pas partagée par tous. Zaher Badr Alazrak est professeur d'économie à l'université Hassan II, se montre plus réservé. Selon lui, la forte dépendance de l'économie marocaine à l'Union européenne (UE) pourrait mettre le royaume en position de faiblesse. Car si l'UE est affaiblie par la guerre commerciale qui s'annonce, alors le Maroc le sera aussi par ricochet.

Une baisse de la demande européenne pour les produits marocains qui entraînerait automatiquement une inflation au Maroc, ainsi qu'une perte de valeur ajoutée. Le professeur s'inquiète également pour certains secteurs qui prospèrent actuellement, comme l'automobile ou l'aéronautique, qui pourraient être délocalisés vers les États-Unis ou des zones ayant passé de nouveaux accords avec Washington. pour rappel, tout véhicule produit en dehors des États-Unis est désormais taxé à hauteur de 25 % à l'entrée sur le sol américain.

Des positions antagoniques, donc, qui montrent bien la difficulté pour les États de penser une stratégie économique dans un contexte de grande incertitude.

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