Congo-Brazzaville: Littérature - Un hommage rendu en France à Gabriel Okoundji

Quelques jours après la parution d'une anthologie de trois recueils dans la prestigieuse collection Poésie Gallimard, Gabriel Mwènè Okoundji a reçu le week-end dernier les honneurs de la ville de Bordeaux, dans le cadre des Escales du livre.

Le festival des littératures de Bordeaux en France, plus connu sous le nom des Escales du livre, attire chaque année depuis 23 ans quelque 200 auteurs et des rencontres de haut niveau autour de la littérature et des grandes signatures qui font l'actualité.

Gabriel Mwènè Okoundji figurait cette année parmi les invités de marque. L'écrivain, que le quotidien Sud Ouest qualifie de « grande voix de la poésie africaine francophone », y a notamment parlé de son recueil L'âme blessée d'un éléphant noir publié en mars dernier chez Poésie/Gallimard, préfacé par Boniface Mongo Mboussa.

Une consécration pour le natif d'Okondo, second poète africain à entrer dans le cercle restreint d'une collection exigeante. « Faire entrer un poète vivant dans une collection est rare», soulignait à l'occasion de sa sortie son éditeur Jean-Pierre Siméon dans le quotidien régional Sud Ouest, séduit par « cette voix qui frappe plus que d'autres et la qualité très haute de son inspiration ».

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La presse française a, d'ailleurs, accueilli cet ouvrage avec les honneurs. Le quotidien Le Monde, dans son édition du 4 avril, titre un article « Le souffle ancestral », n'hésitant pas à qualifier Okoundji de « grand poète de la mémoire et de l'initiation » même si, hélas, le prestigieux média se trompe de pays !

« C'est un passeur de sagesse, traduit en de nombreuses langues, dont le japonais et l'occitan », rapporte Le Monde (Vient d'être réédité en version bilingue français-espagnol le recueil Apprendre à donner, apprendre à recevoir, aux Editions Nouvelles Traces). Saluant son statut de « mwènè... chef, garant de la parole transmise par ses ancêtres », le quotidien français a ces mots : « Ni colère ni désespérance chez Okoundji, mais la conscience de la fragilité humaine ; une certaine exaltation de la patience aussi ».

Une voix qui vient de quelque part

A Bordeaux, au cours de ce Grand Entretien, le poète a évoqué son travail d'écriture que d'aucuns qualifient de « sonorités au rythme d'une incantation mêlées » aux images de sa terre natale. S'en est suivi un dialogue poétique sur l'existence. Et un hommage à travers plusieurs interventions.

Cettina Rizzo, professeure à l'Université de Catane, en Sicile, dont les étudiants ont soutenu leurs travaux sur les oeuvres du poète traduites en italien, et, par sa littérature, remonté le fleuve Congo, la rivière Alima, les villages Ngoko et Ewo..., a formulé le voeu que la poésie du mwènè « continue à nourrir nos réflexions et à nous rappeler que, dans un monde en perpétuel mouvement, l'essence et la beauté de la parole restent un abri, une force et un espoir ».

Un hommage rejoint par la directrice des Editions Fédérop, Bernadette Paraingaux, qui a cité les mots de l'écrivain Sami Tchak : « La voix de G. Okoundji, une voix qui vient de quelque part, qui peut s'entendre par le coeur ».

Quant à Henri Djombo, bien qu'absent, en son rang de président de l'Union nationale des écrivains et artistes congolais, il avait tenu à apporter sa contribution saluant « le poète majeur qui a su s'enraciner jusqu'à prendre essor dans l'héritage culturel de nos traditions, avant de le livrer à l'universel »... « Voilà un homme qui, même éloigné de son pays natal, sait toujours donner de la vitalité à la relation dans sa foi de Bantu... ». Avant de conclure par une belle marque de respect : « Que la poésie qui t'a toujours ramené vers tes racines et t'attache comme l'ancre à ton pays, demeure une lumière des lendemains ! Que cette totalité de la parole qui t'habite soit hymne à l'humanisme. »

A l'issue de cet hommage qui a rassemblé plus de cent personnes, Gabriel Okoundji a reçu des mains de l'adjointe au maire de Bordeaux la médaille d'Officier des arts et des lettres qui lui avait été décernée en 2018 par le ministère français de la Culture.

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