Sud-Soudan: Crise ouverte dans le camp du vice-président Riek Machar, toujours en détention

Au Soudan du Sud, les tentatives de médiation pour obtenir la libération du vice-président Riek Machar, détenu depuis le 26 mars ont pour l'instant échoué. Mais, si la guerre civile menace, le gouvernement de Salva Kiir tente d'amadouer une partie du camp du vice-président, en multipliant par exemple les appels aux soldats de Riek Machar à faire défection pour rejoindre l'armée gouvernementale.

Des divisions au sein du parti du vice-président, le Mouvement pour la libération du peuple du Soudan en opposition (SPLM-IO) ont aussi éclaté au grand jour, mercredi 9 avril. Stephen Par Kuol, le ministre de la Consolidation de la paix, a ainsi été nommé président par intérim du SPLM-IO à la place de Riek Machar. Les soutiens de ce dernier dénoncent une « trahison » et même un « coup ».

Une fracture ouverte au sein du SPLM-IO

« Une équipe de traîtres », déclare un porte-parole de Riek Machar pour qualifier les membres du SPLM-IO qui se sont réunis hier, mercredi 9 avril 2025, à Juba. Lors de cette réunion, le numéro 2 du parti, Oyet Nathaniel Pierino, un fidèle de Riek Machar, a été suspendu.

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Stephen Par Kuol a été désigné président par intérim du parti. Il se défend des accusations de « putsch ». « Vous avez vu la bannière derrière nous. C'est le portrait de notre président, le Dr Riek Machar, qui reste président de ce parti jusqu'à notre prochain congrès, conformément à nos statuts. Voyez-vous là un putsch ? Ce n'est pas le cas. Ce que nous avons fait, c'est résoudre cette crise de leadership créée par la détention de notre président et la désertion de nos autres dirigeants. »

Une direction contestée

En début de semaine, Stephen Par Kuol avait été suspendu du parti par les fidèles du vice-président, qui l'accusent « de semer la discorde au sein du parti et d'abroger l'accord de paix (le RARCSS) en militant pour le remplacement de Riek Machar ».

Une question se pose désormais : qui est légitime pour parler au nom du SPLM-IO ? La Commission qui supervise la mise en oeuvre de l'accord de paix devait se réunir ce jeudi. Réunion finalement ajournée après la nomination de cette nouvelle direction par intérim.

La situation rend, selon des observateurs, l'avenir de l'accord de paix encore plus incertain.

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