Afrique: L'Unesco fait le point sur l'état de l'éducation

À l’intérieur d’une réunion du club d’affaires SMART Ladies à l’école secondaire pour filles de Kilakala à Morogoro, en Tanzanie (archive)

Les Africains sont aujourd'hui plus instruits que jamais et ils sont en train de remodeler la main-d'oeuvre mondiale, la population en âge de travailler devant atteindre 600 millions de personnes d'ici à 2030, indique le dernier rapport de l'Unesco.

De nombreux pays africains font des progrès pour garantir l'accès à une éducation de qualité et à l'apprentissage tout au long de la vie pour leurs populations. Les progrès restent graduels, et un jeune sur quatre n'est ni dans l'éducation ni dans l'emploi, ni dans la formation. Intitulé « Transformer l'apprentissage et le développement des compétences en Afrique », le rapport souligne l'urgence d'une action coordonnée pour renforcer les systèmes éducatifs et équiper la jeunesse africaine des compétences et des connaissances nécessaires à un avenir durable.

Dans ses principales conclusions, il fait état de progrès extrêmement limités. Bien que 75 millions d'enfants supplémentaires soient inscrits à l'école par rapport à 2015, le nombre d'enfants non scolarisés a augmenté de 13,2 millions pour atteindre plus de 100 millions. L'élève moyen a à peu près autant de chances d'avoir un enseignant qualifié et d'avoir accès aux installations de base (eau, électricité) que ses pairs d'il y a 10 ans. Concernant l'apprentissage, les niveaux sont très faibles et diminuent plutôt qu'ils n'augmentent. Quatre enfants sur cinq âgés de 10 ans sont incapables de lire et de comprendre un texte simple.

Les défis à relever

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Le rapport explique l'absence de progrès significatifs par trois facteurs: la croissance démographique rapide, les crises humanitaires et la fragilité persistante, et le financement inadéquat des systèmes éducatifs. Plutôt que d'augmenter les investissements dans l'éducation, les pays africains investissent moins aujourd'hui qu'en 2015 et en 2020. Le déficit annuel moyen de financement de l'éducation s'élève à 77 milliards de dollars.

Le manque d'installations scolaires, la pénurie d'enseignants et l'insuffisance des ressources creusent encore l'écart. Par exemple, l'Afrique doit recruter au moins 15 millions d'enseignants supplémentaires pour atteindre les objectifs de l'enseignement primaire et secondaire d'ici à 2030. L'éducation de la petite enfance reste sous-développée dans de nombreuses régions. Dans le même temps, le travail des enfants, les mariages précoces et l'insécurité contribuent à des taux élevés d'abandon scolaire, en particulier chez les filles, ce qui ne fait qu'aggraver la crise.

En réponse à ces défis, plusieurs pays africains réforment leurs programmes d'études, introduisent l'apprentissage par compétences et renforcent les programmes de développement professionnel des enseignants. L'accent est également mis sur l'enseignement et la formation techniques et professionnels, conçus pour doter les étudiants de compétences pratiques correspondant aux besoins du marché du travail. Pour garantir le succès à long terme, le rapport appelle à maintenir des investissements soutenus dans la qualité de l'enseignement, de disposer de ressources d'apprentissage modernes et de renforcer les liens entre l'éducation et l'emploi.

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