Sénégal: Les députés doutent de l'amnistie

Les députés de l'opposition veulent la révision de la loi interprétative de l'amnistie couvrant les crimes commis en mars 2024.

Tout remonte aux événements en mars 2024 par l'arrestation d'Ousmane Sonko. Cette figure majeure de l'opposition à l'époque est aujourd'hui Premier ministre.

Il était poursuivi pour viol et menace de mort, des accusations portées par une employée d'un salon de beauté à Dakar.

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Mais son arrestation avait subitement déclenché une vague de violences, avec des interventions musclées des forces de l'ordre contre ses partisans descendus dans la rue pour réclamer sa libération.

Pour apaiser le pays à la veille de l'élection présidentielle, le président d'alors Macky Sall et l'opposition avaient trouvé un terrain d'entente autour d'une loi d'amnistie. Une décision à forte teneur politique, explique le politologue sénégalais Moussa Diaw :

"Les gens recrutés ont tiré sur des manifestants. Il y a des preuves. Alors le président Macky Sall qui s’apprêtait à céder le fauteuil présidentiel voulait préserver son arrière", explique-t-il.

L'amnistie a apaisé le climat politique

Grâce à cette loi interprétative d'amnistie, les deux figures du PASTEF, le parti aujourd'hui au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont pu sortir de prison à seulement neuf jours du scrutin.

Un élément clé du retour à la stabilité, selon Pathé Mbodj, éditorialiste sénégalais :

"S'il n' y avait pas l'amnistie, ces deux grandes figures de l'opposition resteraient en prison. Ils ne seraient pas au pouvoir actuellement", rappelle-t-il.

Un revirement politique

La majorité des 23 députés ayant saisi le Conseil constitutionnel sont d'anciens membres de l'Alliance pour la République (APR), le parti de Macky Sall.

Aujourd'hui ils sont passés dans l'opposition. Pour le politologue Moussa Diaw, "cette initiative a tout d'une manœuvre politique".

La balle est désormais dans le camp du Conseil constitutionnel, "seul habilité à se prononcer sur la conformité de cette loi interprétative", conclut Moussa Diaw.

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