Afrique: Les mouvements sociaux africains prônent le dialogue entre Etat et société civile

Baraza des Mouvements Sociaux Africains, Accra, Ghana
16 Avril 2025

Au Baraza des Mouvements Sociaux Africains, la responsabilité et l'engagement des acteurs sociaux sont ressortis comme des piliers pour le développement politique et socio-économique du continent. Réunis à Accra, du 14 au 16 avril 2025, les Mouvements Sociaux Africains ont ce pouvoir d'orienter le système politique du continent en se solidarisant et en posant des actes capables d'attirer l'attention des gouvernants.

Cette deuxième journée a permis aux intervenants de revenir sur l'importance du contexte historique et de la responsabilité personnelle des acteurs. Ils ont également mentionné le rôle des institutions et des coalitions dans le maintien du pouvoir politique.

Les intervenants ont exposé la nécessité d'avoir des institutions auxquelles les gens veulent appartenir, où ils sont entièrement satisfaits, et où ils peuvent s'organiser et faire de la politique d'une manière profondément connectée.

Ils ont ainsi souligné l'importance de construire des institutions et des coalitions qui peuvent soutenir le pouvoir politique et offrir une proposition aux masses. Par conséquent, ils ont prôné un nouveau type de politique qui va au cœur des gens et répond à leur besoin de connexion, de sens et d'appartenance, d'où la vision d'un pouvoir durable.

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M. Ibrahima Sall, Directeur exécutif de Trustafrica, pour sa part, a mentionné l'importance d'un engagement quotidien en faveur de la liberté. Selon lui, la conversation entre partis politiques et société civile devrait aller au-delà des problèmes systémiques, soulignant la nécessité de dépasser les frontières et d'explorer de nouvelles idées.

Pour ce faire, M. Sall a souligné l'importance de disposer de plusieurs mouvements et pouvoirs pour rassembler différents types d'activisme, plaidant pour que les citoyens restent vigilants et organisés.

Par ailleurs, Mme Simamkele Dlakavu, activiste féministe basée en Afrique du Sud, est revenue sur l'urgence de faire appel à l'État pour demander des comptes. Elle a ainsi fait un rappel du contexte historique, en citant des exemples sud-africains tels que la Treatment Action Campaign et la Women's National Coalition.

Elle a expliqué comment les féministes sud-africaines se sont mobilisées pour que l'égalité des sexes soit inscrite dans la Constitution. Selon elle, les activistes ne peuvent pas se permettre de se désengager de l'État. L'idéal est de trouver un terrain d'entente pour le respect de la justice sociale et des droits de l'homme.

C'est dans cette même optique que Mme Raveloarimisa Mbolatiana, activiste des droits humains à Madagascar, l'a rejoint. Elle s'est dite fière de faire de la politique, car cela implique le fait de vouloir que son gouvernement change les choses et fasse ce pour quoi le peuple a voté pour lui.

En tant que société civile, il est parfois important « de poser les armes afin de trouver des compromis avec les gouvernements pour le bien de tout le monde », a-t-elle indiqué. Bien que les États aient des armes, l'argent et le système de leur côté, elle rajoute que la société civile a des réseaux et entretient la solidarité, d'où l'importance du Baraza qui consolide cette relation dans le but de se protéger pour des fins à impacts positifs.

M. Fadel Barro, cofondateur du mouvement « Y'en a marre » et « Afrikii » au Sénégal, s'est désolé du fait que l'espace politique sénégalais reste inchangé depuis le temps du Président Abdou Diouf jusqu'à nos jours.

À l'en croire, l'Afrique a un problème de contenu avec des dirigeants africains qui s'inspirent du Marxisme, du communisme, de la gauche et de la droite, n'ayant aucune réflexion sur le continent sur le plan politique. Selon lui, les dirigeants se basent sur des idéologies qui ont colonisé l'Afrique.

Pour lui, le continent a besoin des idéologies de décolonisation, de l'épanouissement du peuple africain, du bien-être, de ces concepts de la préservation du vivant, de l'afrohumanisme pour offrir aux africains un nouveau départ. Selon M. Barro, la jeunesse africaine a besoin de se détacher de l'impérialisme, de changer de mentalité pour rendre au continent sa grandeur et d'atteindre cette nouvelle lueur d'espoir.

Cette deuxième journée constructive du Baraza des Mouvements Africains s'est terminée par une visite du parc commémoratif Kwame Nkrumah, premier Président du Ghana et père fondateur du panafricanisme. Un lieu symbolique retraçant sa vie, son leadership et son héritage et où il repose désormais à côté de sa femme Fathia Nkrumah.

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