C'était une simple formalité, puisque le Congrès extraordinaire de décembre 2023 ainsi que la dernière réunion du Bureau politique avaient adopté une motion mentionnant le nom de Tidjane Thiam comme candidat du PDCI-RDA à la prochaine présidentielle ivoirienne d'octobre 2025.
Il revenait donc à la Convention d'élire le candidat. Ce qui fut fait hier avec quelques 6000 participants repartis sur 45 sites au niveau national, 6 de la diaspora et 400 délégués qui auront l'honneur de désigner le porte-étendard du parti. La seule condition pour exercer son droit d'électeur, c'était d'être à jour des cotisations pour 2023.
C'était d'autant plus une simple formalité que Thiam était le seul en lice. C'est donc tout juste des indicateurs, comme le score obtenu qui pouvaient être scrutés d'une manière ou d'une autre. Le parti fondé en 1946 par Félix Houphouët Boigny a désormais un candidat sur qui compter : Tidjane Thiam, ancien banquier d'affaires et consultant international.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Mais une chose est d'être élu par son parti une autre est de pouvoir se dépêtrer des casseroles juridiques, judiciaires et politique qu'il traine. Le concernant, force est en effet de reconnaitre que c'est une véritable course d'obstacles qui est lancée, sans oublier les ennemis de l'intérieur, ces militants de son propre parti qui voient rouge quand son nom est cité.
Mais le plus grand écueil est lié à sa nationalité, pardon à sa double-nationalité, française et ivoirienne, quand bien même, dans la perspective d'octobre 2025, il avait renoncé à celle française. Certains juristes estiment toutefois qu'il n'est pas au bout de ses peines juridiques. La loi fondamentale ainsi que le Code des personnes et de la famille ne plaident pas en sa faveur.
La Constitution, en son article 55, stipule que pour pouvoir prétendre à la magistrature suprême, il faut être exclusivement de nationalité ivoirienne et né de parents eux-mêmes ivoiriens. Et comme pour mieux enfoncer le clou, le Code des personnes et de la famille, en son article 48, prévient que tout Ivoirien perd la nationalité ivoirienne s'il s'est déjà prévalu d'une autre nationalité.
Comme on le voit, le ok du parti se révèle très insuffisant. Reste à avoir le blanc-seing des instances habilitées à organiser les élections, en l'occurrence la Commission électorale indépendante (CEI), pour pouvoir figurer sur la liste définitive des compétiteurs. Ce qui est pour l'instant loin d'être gagné.
Il faut croire que le problème de nationalité a toujours été récurrent au pays de Felix Houphouët Boigny quand il est question d'élection. Ado en avait lui aussi été victime, même si dans son cas, ce n'était pas pour une question de double-nationalité mais on lui déniait même la nationalité ivoirienne. Et voilà que cette année encore, les miasmes fétides refont surface sans qu'on ne sache quelles pourraient être les conséquences sur la paix dans ce pays qui a connu une rébellion (en 2002) en liens avec le concept d'ivoirité et une grave crise post-électorale (en 2010).