Congo-Kinshasa: 'L'urgence humanitaire en RDC ne peut plus attendre '

Ce mercredi (16.04.2025) devant l'Onu, la ministre congolaise des Affaires étrangères a lancé un appel vibrant à une mobilisation humanitaire immédiate.

C'est un cri d'alarme qui a encore retenti ce mercredi (16.04.2025) dans l'enceinte du Conseil de sécurité à New York.

L'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la région des Grands Lacs, Xia Huang, a dressé un constat implacable : la région reste piégée dans un enchevêtrement explosif de conflits, attisé par des rivalités politiques, des groupes armés et l'avidité des ressources naturelles.

Le diplomate onusien présentait le rapport semestriel sur la mise en oeuvre de l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération en RDC et dans la région. Et Xia Huang est formel.

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"Ce que nous avons observé à ce jour, c'est une compétition d'ambitions politiques et de sécurité ouvertement proclamées le long des zones d'intérêt stratégiques, entretenues par l'existence de multiples groupes armés, l'exploitation illégale des ressources naturelles, mais aussi l'absence de l'autorité de l'État dans ces zones", dit Xia Huang.

Urgence humanitaire et coupes budgétaires

Mais du côté congolais, l'heure n'est plus aux constats. Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre congolaise des Affaires étrangères a lancé un appel vibrant à une mobilisation humanitaire immédiate.

"À ces dynamiques de prédation politique et militaire s'ajoute une autre urgence tout aussi tragique : la crise humanitaire. Les coupes budgétaires imposées aux agences humanitaires du système des Nations Unies compromettent gravement leurs capacités d'action. C'est un appel solennel que nous lançons à la communauté internationale: l'urgence humanitaire en République démocratique du Congo ne peut plus attendre" estime Thérèse Kayikwamba Wagner.

Propositions angolaises

Dans ce climat tendu, l'Angola a pris l'initiative de proposer une piste de sortie de crise : une grande conférence sur les conflits en Afrique. Une idée ambitieuse, mais qui pourrait servir de tremplin vers un dialogue régional renouvelé. Une déclaration saluée dans les couloirs de l'Onu, mais qui devra encore convaincre les parties en conflit notamment le Rwanda, visé à mots à peine couverts par Kinshasa.

Comme à son habitude, Kigali a rejeté toute accusation et renvoyé la balle au camp congolais, appelant au désarmement des rebelles des FDLR, un groupe hostile à son régime, et toujours actif selon Kigali, dans l'est de la RDC.

Entre dénonciations croisées, appels à l'aide et propositions diplomatiques, la région des Grands Lacs reste à la croisée des chemins. Xia Huang, lui, appelle à un sursaut: celui d'une volonté politique... qui tarde encore à s'exprimer.

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