Un hôpital de l'ouest du pays est accusé de faire partie d'un réseau international de trafic d'organes. L'établissement accueillerait des étrangers pour recevoir des greffes de reins obtenus illégalement. C'est ce qu'a révélé une enquête d'un consortium de médias allemands (la Deutsche Welle, le Der Spiegel et la chaîne ZDF). Depuis, les réactions affluent, et les autorités ont pris des mesures.
Toutes les opérations de greffes au sein de l'hôpital Mediheal, à Eldoret dans l'ouest du Kenya sont suspendues. C'est l'annonce du ministre de la Santé kényan jeudi face aux accusations qui visent l'établissement.
L'affaire a été rendue publique en début de semaine par un consortium de médias allemands. Leur enquête rapporte le témoignage d'Amon, kényan de 22 ans. Il explique avoir vendu son rein pour 4 000 dollars. Mais depuis, il enchaine les soucis de santé. Ces organes, d'après l'enquête, sont ensuite greffés à des étrangers, venus à Mediheal pour recevoir leur nouveau rein, moyennant jusqu'à 200 000 dollars.
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Nairobi a confirmé avoir été alerté sur des soupçons de trafic d'organes au sein de l'établissement dès 2023. Un comité a ensuite enquêté et a noté plusieurs incohérences. Un manque de documentation pour prouver les liens de parenté entre donneurs et bénéficiaires par exemple. Ou encore le même nom cité comme parent proche dans plusieurs dossiers.
L'hôpital Mediheal dément ces accusations. Sur une radio kényane, sa vice-présidente a assuré que les greffes se faisaient de manière légale. Un comité d'experts vient d'être nommé par les autorités pour auditer toutes les greffes de reins réalisées au sein de l'établissement au cours des cinq dernières années.