Madagascar: La filière du cacao du Sambirano mise sur le label «Indication Géographique» pour se développer

Comme beaucoup de pays du monde, Madagascar est confronté à la mondialisation des échanges commerciaux, avec une mise en concurrence féroce de ses produits d'exportation. Depuis un an, un projet porté par des acteurs locaux et le ministère de l'Industrialisation et du Commerce essaie de mieux valoriser et protéger une trentaine de produits du terroir ou artisanaux. Cela en les enregistrant sous la fameuse « IG », pour indication géographique. Dans la course, on retrouve le riz « Madame Rose », la vanille, la soie sauvage, la marqueterie d'Ambositra ou le cacao du Sambirano, aux notes de fruits rouges exaltantes.

Dans les sous-bois humides de la vallée du Sambirano, au nord de Madagascar, les cabosses colorées constellent les troncs des cacaoyers. À l'intérieur, des fèves de cacao avec un profil d'exception. Profil qui pourrait bien, d'ici quelques années, être protégé par l'appellation « Indication Géographique ».

Philippe Pédelahore, agroéconomiste au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), explique : « L'intérêt de l'Indication Géographique pour le cacao de Sambirano, c'est de pouvoir protéger la notoriété de ce produit, puisque l'IG impose aux personnes qui sont intéressées à s'enregistrer, à définir un cahier des charges très précis que chacun des membres du groupement devra suivre et qui garantit que la qualité historique, la qualité traditionnelle, est bien respectée et qui va aussi, grâce à des contrôles et à une traçabilité, garantir que le produit vient bien exclusivement de la région de Sambirano. »

« Les producteurs sont souvent dans une position privilégiée »

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Ce label est censé permettre aux acheteurs, qu'ils soient traders, exportateurs, importateurs ou aux consommateurs finaux, d'être sûrs de la qualité et de l'origine de leur cacao quand ils achèteront une tablette de chocolat « Cacao de Sambirano ».

« Alors cela demande effectivement un travail en plus pour les planteurs, puisqu'il y a un système de contrôle qui est adossé à l'Indication Géographique qui fait d'ailleurs qu'elle a du prix, a du poids, puisque le consommateur a une garantie sur son produit, poursuit Philippe Pédelahore. Mais le bénéfice net des producteurs, mais aussi des différents maillons de la filière, des acheteurs, des transformateurs, des exportateurs, peut augmenter. Et comme ce sont les producteurs eux-mêmes qui définissent les cahiers des charges, ils sont souvent dans une position privilégiée par rapport à la situation antérieure. Et donc, ce qui se passe souvent, c'est qu'une plus grande partie du bénéfice leur revient par rapport aux autres maillons de la filière. C'est ça aussi qui est intéressant pour plusieurs produits malgaches. »

Ce label « n'est pas une baguette magique »

Au Cameroun, le prix du poivre de Penja a été multiplié par quatre en une décennie, grâce en partie à l'appellation IG, obtenue en 2013. Mais, attention : « L'IG n'est pas une baguette magique », rappelle l'agroéconomiste. L'appellation n'a pas toujours réussi à maintenir les débouchés ni le prix premium de ses produits. C'est le cas notamment du café Ziama Macenta de Guinée-Conakry qui a vu ses exportations baisser drastiquement peu après l'obtention de son IG.

À Madagascar, les promoteurs de l'IG espèrent voir le projet de loi passer en mai lors de la prochaine session parlementaire afin de donner un coup d'accélérateur à l'implication des artisans intéressés à enregistrer leurs produits.

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