Depuis le 21 avril 2025, lundi de Pâques, le Siège apostolique est vacant. François s'est en effet endormi dans sa quatre-vingt huitième année, terrassé par un AVC. Depuis de longs mois, il était régulièrement hospitalisé pour des ennuis de santé liés sans doute à son grand âge. Son ultime sortie le jour de Pâques au balcon de la Basilique Saint-Pierre de Rome était un adieu qui ne disait pas son nom.
François parti, l'Eglise catholique est à la recherche d'un nouveau chef qui devrait être connu dans deux à trois semaines. Il y a treize ans, il avait été élu, un peu à la surprise générale, pour succéder à Benoît XVI, qui avait abdiqué. Le cardinal Jorge Mario Bergoglio devenait ainsi le premier pape non européen puisqu'il était jusque-là le cardinal de Buenos Aires. Un pape pour le moins atypique qui a exercé différents boulots à sa jeunesse, féru de football et qui avait placé son pontificat sous le signe de l'engagement envers les pauvres, les plus vulnérables, notamment les migrants.
Qui donc pour succéder à François ? Les bookmakers religieux tournent à plein régime, même s'il faut être dans le secret de Dieu pour savoir à l'avance qui entrera cardinal au conclave et en sortira pape quand la fumée blanche montera de la cheminée de la chapelle Sixtine. Parmi ceux qui tiennent la corde, on cite notamment l'Italien Pietro Parolin, actuel Secrétaire d'État du Saint-Siège ; Pierbattista Pizzaballa, Italien et patriarche latin de Jérusalem ; Matteo Maria Zuppi, Italien et archevêque de Bologne ; le cardinal Claudio Gugerotti de l'Italie ; le Français Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, le Suédois Anders Arborelius et évêque de Stockholm, etc.
Quid des Africains ? Comme ce fut déjà le cas à l'élection de François, les Africains se mettent à rêver d'un Noir comme successeur de Pierre. Si le catholicisme a fait son entrée en Afrique, pour l'essentiel, à la faveur de la colonisation, cette confession a très vite gagné du terrain et les catholiques africains représentent au moins 20% des fidèles du monde. Par ailleurs, le continent enregistre environ 0,3% de progression par an, contrairement au vieux continent où la foi semble régresser. Le continent noir est un vivier catholique. Une attente donc légitime.
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Parmi les 135 papabili figurent des Africains au nombre desquels le cardinal burkinabè Philippe Ouédraogo. L'une de ces dix-huit personnalités deviendra-t-elle très prochainement le chef de l'Eglise catholique ? Difficile à dire, même si quelques noms comme ceux du Guinéen Robert Sarah, du Congolais Fridolin Ambongo et du Ghanéen Peter Kodwo Appiah Turkson sont cités.
Difficile cependant de jauger leurs chances réelles, même si nombreux sont ceux qui caressent le secret espoir, après le premier pape non européen, de voir l'Eglise catholique confier son destin et sa destinée à un Noir. Mais on le sait, ce n'est pas seulement une affaire de religion mais de politique aussi. Le Vatican, comme toutes les cours d'ailleurs, est un lieu d'intrigues, de coups bas, d'alliances et de mésalliances susceptibles de sceller le sort des prétendants. Qu'à cela ne tienne, les Africains vont continuer de prier, de brûler des cierges en espérant que la Providence fera un clin d'oeil à ce continent martyre et martyrisé depuis des siècles. Ce ne serait, quelque part, que justice. Mais peut-on se permettre de rêver ?
