Le chef du principal d'opposition en Côte d'Ivoire (le PDCI-RDA), Tidjane Thiam ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle prévue en octobre prochain. Il a été radié de la liste électorale par la justice qui a estimé qu'il avait perdu sa nationalité ivoirienne. Son avocat Me Ange Rodrigue Dadjé en a fait l'annonce hier, mardi 22 avril.
« La présidente du tribunal a rendu son délibéré. Elle a estimé que le président Thiam avait perdu la nationalité ivoirienne quand il a acquis la nationalité française (en 1987, ndlr), et donc elle a fait droit aux demandes des requérants et a ordonné la radiation du président Thiam de la liste électorale », a déclaré Me Ange Rodrigue Dadjé à sa sortie du tribunal.
Selon Me Dadjé, cette décision qui intervient après plusieurs recours déposés devant la justice, traduit une volonté manifeste d'écarter son client de la scène politique à l'approche de la présidentielle du 25 octobre. Elle n'est pas susceptible de recours, remet en question sa participation à l'élection présidentielle d'octobre. Pour rappel, Tidjane Thiam a été élu président du Parti Démocratique de Côte d'Ivoire à l'issue du Congrès extraordinaire de Yamoussoukro, le 22 décembre 2023.
Né en Côte d'Ivoire, TidjaneThiam se serait fait élire à la tête du parti alors qu'il détenait encore la nationalité française, à laquelle il n'a renoncé que le 7 février dernier, et n'aurait pas respecté la disposition qui stipule que « le candidat à la présidence du PDCI-RDA doit avoir été membre du bureau politique pendant au moins 10 ans », dénoncent ces plaignants qui réclament sa destitution immédiate.
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Pour l'heure, d'autres opposants sont également radiés de la liste électorale, à l'instar de l'ex-président Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé ainsi que l'ex-Premier ministre Guillaume Soro
Accusé d'être d'origine burkinabè, Alassane Ouattara avait lui-même été empêché de se présenter à l'élection présidentielle de 2000 pour cause de nationalité douteuse. Une polémique politicienne qui avait alimenté la défiance de beaucoup d'Ivoiriens à l'égard des Burkinabè, la frontière entre nationalisme ombrageux et xénophobie étant toujours plus difficile à identifier.