À Madagascar, le président Emmanuel Macron a atterri ce matin à 10h30 à Antananarivo. Le chef de l'État français s'est entretenu au palais d'État à huis clos avec son homologue malgache Andry Rajoelina. À l'issue de leur réunion, les deux présidents ont fait de premières déclarations conjointes à la presse. Une première annonce forte : Emmanuel Macron annonce que le géant de l'électricité français EDF prend des parts dans le plus grand projet hydroélectrique du pays.
Un nouveau pacte d'actionnaire a été annoncé pour construire et exploiter le grand barrage de Volobe, situé sur la côte est du pays, le long de la rivière Ivondro. Dans ce pacte, EDF entre à hauteur de 37,5%, à égalité avec le conglomérat Axian, détenu par l'homme d'affaires malgache Hassanein Hiridjee, et suivi par la plateforme d'investissement Africa50.
Cette nouvelle configuration doit relancer un projet enlisé depuis des années, qui avait été annoncé, dès 2015, par l'ancien président Hery Rajaonarimampianina. Avec une puissance maximale prévue de 120 mégawatts, le barrage de Volobe représente l'un des seuls moyens pour répondre au déficit énergétique de l'île. L'infrastructure, d'un coût estimé à 600 millions d'euros, devrait permettre à 2 millions de personnes d'accéder à l'électricité, dans un pays où les deux tiers de la population sont encore privés de ce service.
Questions mémorielles et de défense
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Au-delà de l'énergie, les deux présidents ont abordé d'autres aspects clefs de la coopération bilatérale entre la France et Madagascar, à commencer par la question mémorielle. « Madagascar est au coeur de notre stratégie de restitution », a déclaré Emmanuel Macron.
Un rappel à la décision, annoncée le 2 avril dernier, de restituer à Madagascar trois crânes de guerriers malgaches tués pendant la colonisation, et jusqu'alors conservés au musée de l'Homme à Paris. Leur retour sur le sol malgache est prévu pour le mois d'août.
Enfin, le chef de l'État français a également évoqué un renforcement de l'appui de la France en matière de sécurité et de défense. Sans viser explicitement d'autres puissances, Emmanuel Macron a évoqué un engagement face aux « prédations et provocations géopolitiques ».
Première illustration de cette coopération militaire renforcée : l'opération Tulipe, en cours dans le nord-ouest de Madagascar. Cet exercice régional mobilise plus de 500 soldats français déployés sur le terrain.