Chadema, le principal parti d'opposition en Tanzanie, dénonce l'arrestation de treize de ses membres et la dispersion violente de ses soutiens ce jeudi, près du tribunal de Dar es Salam, où devait comparaître le chef du mouvement, Tundu Lissu, inculpé pour « trahison ». Le président du parti risque la peine de mort pour ce motif, alors que sa formation politique va être écartée des prochaines élections d'octobre 2025 faute d'avoir signé un nouveau code de conduite électoral, auquel Chadema s'oppose. Les soutiens du parti dénoncent les pratiques jugées autoritaires du gouvernement de Samia Suluhu Hassan, la présidente tanzanienne et les manoeuvres de son parti Chama Cha Mapinzi (CCM) pour se maintenir au pouvoir.
Des centaines de personnes se sont réunies à proximité du tribunal de Dar es Salam en Tanzanie ce jeudi 24 avril - alors que l'accès au bâtiment lui-même était bloqué par un important dispositif policier déployé sur les lieux. Des sympathisants et des responsables du parti Chadema ont été arrêtés et battus alors qu'ils tentaient d'accéder à l'audience.
Treize arrestations
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Au total, treize de ses responsables politiques ont été arrêtés, dont le vice-président et le secrétaire général. Le parti affirme que neuf d'entre eux ont été conduits dans une forêt où le corps sans vie d'un opposant avait été retrouvé en septembre dernier. Chadema affirme même qu'une personne grièvement blessée à la tête par les forces de l'ordre, a succombé à ses blessures.
Refus de comparaître
En raison de cette situation, le leader de l'opposition, Tundu Lissu, qui a été arrêté le 9 avril 2025 et inculpé pour trahison, a, quant à lui, refusé de comparaître au sein du tribunal de Dar es Salam ce jeudi. Depuis son arrestation, Chadema dénonce les difficultés rencontrés par ses proches et ses avocats pour lui rendre visite.