L'élection présidentielle attendue pour octobre 2025 au Cameroun fait déjà couler beaucoup d'encre et de salive. Comme d'habitude, c'est l'incertitude ou plutôt la quasi-certitude que Paul Biya sera candidat à sa succession qui anime les débats dans les chaumières et les gargotes à Yaoundé et au-delà, et pour cause !
A 92 ans, dont 43 à la présidence de la république et 7 comme Premier ministre, plus d'un analyste et bon nombre de camerounais se demandent que diable fait-il encore dans cette galère ? La galère à se torturer les méninges pour trouver des solutions aux problèmes existentielles des 29 millions de Camerounais, leur garantissant paix, sécurité, progrès économique et social dans un environnement régional et mondial agité.
Mais c'est quand on pense et prédit que l'homme va passer la main pour raison de santé et d'âge avancé, qu'il surprend partisans et adversaires par sa "détermination intacte à servir". A chaque élection présidentielle, depuis 1992, c'est le même scénario d'un Paul Biya qui se fait désirer, adouber, supplier, par les pontes de l'omniprésent Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) pour poursuivre son oeuvre de "transformation profonde du pays".
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Mais c'est à croire que pour la présidentielle d'octobre prochain, les communicants et stratèges de la présidence camerounaise jouent sur un autre registre pour annoncer "la disponibilité et la bonne santé " du patriarche nonagénaire à tenir le gouvernail du pays pour un énième septennat. Selon toute vraisemblance, ils ont opté pour la stratégie de la communication par les réseaux sociaux et d'officialisation prochaine de la candidature de Paul Biya par des petites annonces progressives.
Cette stratégie de communiquer par les réseaux sociaux, non seulement elle coûte moins chère mais surtout elle touche plus de jeunes, vivier le plus important en nombre, de l'électorat camerounais. Mais revers de la médaille, le bon papy de Paul Biya, souvent brocardé en roi paresseux, somnolent, plus absent que présent au Cameroun est devenu un accro de Twitter, réseaux X, si vous préférez.
En effet, à chaque événement d'importance, Paul Biya twitte : pour le Nouvel an, la fête de la jeunesse, la journée du 8-Mars, le décès du pape, on en oublie certainement, Paul Biya ne se fait pas prier pour « xter » des messages au peuple camerounais. Ceux de ses compatriotes qui réclamaient plus de présence de leur président dans le pays sont servis. En tout cas, il est de plus en plus présent sur les réseaux sociaux, même si personne n'est dupe : Ce sont les services de la présidence, voire son entourage familial, qui font ce job de visibilité pour le futur candidat, courtisant déjà les électeurs les plus nombreux et les plus critiques, les jeunes.
A ce propos, le dernier twitte dans lequel Paul Biya affirme "vouloir continuer à tout mettre en oeuvre pour perpétuer une profonde mutation sociale et faire naître une véritable nation" a enfoncé une porte ouverte. L'inoxydable papa, papy, patriarche, est encore et toujours déterminé à servir le Cameroun pour la stabilité régionale et pourquoi pas continentale. Disponible jusqu'à ce que mort s'ensuive ?
Honni qui mal y pense, comme l'opposant Maurice Kamto du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun qui crie au scandale d'une "candidature criminelle", applaudi dans les coulisses par des cadres impatients du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, le parti présidentiel. Ils rongent leurs freins parce que la magie du "vieux sorcier de Mvomekaa" opère encore et toujours !
