Le 22 avril 2025, le Tribunal de Grande Instance de Banfora (TGI) avait à son rôle un dossier de coups et blessures volontaires sur un agent public, un enseignant. A la barre étaient deux jeunes Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), respectivement âgés de 24 et 25 ans. A l'issue des débats contradictoires, avec un peu plus de 3 ans de service, ils ont écopé de 12 mois ferme et des amendes de 300 000F.
Les deux jeunes VDP ont soumis à une correction mémorable un enseignant nouvellement affecté dans la zone de Sidéradougou, localité située à une soixantaine de kilomètres à l'est de Banfora. Ce jour, il rejoignait tranquillement son poste lorsqu'il est tombé sur un poste de contrôle VDP. L'infortuné a été soumis à la marche du canard, à des pompes et même à des fessées avec des tirs de sommation.
A la barre, les deux VDP, qui n'ont pas nié les faits, ont déclaré que l'enseignant avait refusé de se soumettre à une simple fouille quand il est arrivé à leur poste de contrôle. A les entendre, ils ont cru que l'enseignant les insultait, vu sa manière de leur parler. C'est pourquoi, pour lui donner une bonne leçon, les deux VDP l'ont fait descendre de sa moto, ont confisqué ses papiers et l'ont fait asseoir par terre. Se sont ensuivis des coups sur l'éducateur, cela malgré ses tentatives d'explications. Puis ils lui ont fait faire des pompes et la marche du canard, sans oublier les tirs de sommation.
A son tour, la victime a déclaré qu'elle a tenté de se présenter mais les hommes en armes ne l'écoutaient pas. L'enseignant soutient avoir ensuite tenté de donner le nom d'un chef VDP qui pouvait confirmer son identité, mais ils ne voulaient plus rien entendre. « Tu es un espion », lui ont rétorqué les VDP, qui, pour leur défense, ont affirmé avoir voulu protéger le pays d'une personne suspecte.
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Et le président du Tribunal de leur poser une série de questions : Est-ce cela la procédure pour appréhender un suspect ? Selon votre formation, à partir de quand doit-on faire un tir de sommation ? N'avez-vous pas de supérieurs à qui rendre compte en pareilles circonstances ou êtes-vous votre propre patron ?
Des questions qui ont amené le TGI à conclure à un règlement de comptes. En effet, pour le procureur du Faso près le TGI de Banfora, l'enseignant s'est volontairement arrêté à leur poste de contrôle et a tout fait pour montrer patte blanche. Mais ils l'ont battu au poste de contrôle et au camp et l'ont ensuite conduit à une rivière proche. C'est là-bas qu'une bonne volonté est intervenu pour les supplier de relâcher leur victime. Et le tribunal de se demander ce qu'ils prévoyaient de faire à l'enseignant à cette rivière. Après ces sévices, la victime a été incapable de travailler pendant 7 jours. Les deux VDP se sont excusés tout en soulignant que c'était leur première erreur en 3 ans de services.
En définitive, ils ont tous deux été reconnus coupables de coups et blessures volontaires et ont écopé de 12 mois et de 300 000 F d'amende chacun, le tout ferme. En outre, ils doivent rembourser les frais médicaux de l'enseignant à hauteur de 55 200F.
Notons qu'au moment des faits, ils étaient quatre VDP qui ont porté la main sur l'éducateur. Les deux autres sont toujours recherchés par la justice.