Soudan - un camp de déplacés du Darfour quasiment vidé, selon l'ONU

24 Avril 2025

Le camp de Zamzam, dans l'ouest du Soudan, a été presque entièrement vidé de ses résidants ces dernières semaines, alors que les violences s'intensifient dans la région. L'ONU alerte sur une crise humanitaire sans précédent.

La guerre civile au Soudan, qui a passé ce mois-ci le cap des deux ans, continue de dévaster le pays. Dans l'État du Darfour-Nord, le camp de déplacés de Zamzam, l'un des plus importants de la région, a été « presque vidé » de ses habitants, a annoncé jeudi le bureau chargé des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

Avant cet exode massif, le camp abritait plus de 400.000 personnes. « Les images satellites confirment l'existence d'incendies généralisés dans les zones centrale et méridionale du camp », indique l'OCHA dans son dernier rapport sur la situation.

Les combats dans la région, notamment autour de la ville d'El Fasher et du camp de Zamzam, ont connu une nette intensification ces deux dernières semaines, marquées par des bombardements d'artillerie, des frappes de drones et des assauts terrestres répétés.

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Selon l'agence onusienne, les civils restants du camp de Zamzam, majoritairement des jeunes, seraient empêchés de quitter la zone par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Ces dernières sont engagées, depuis le 15 avril 2023, dans une lutte sanglante pour le pouvoir avec l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane, qui a pris les rênes du Soudan lors d'un putsch en 2021.

Exode massif vers d'autres États du Darfour

Face à l'escalade des violences, 332.000 personnes ont fui vers d'autres localités des États du Darfour-Nord et Central, rapporte l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

À elle seule, la ville d'El Fasher a accueilli environ 150.000 nouveaux arrivants, tandis que 180.000 autres se sont réfugiés à Tawila. D'autres populations déplacées se dirigent également vers la région montagneuse de Jabal Marrah.

Au coeur des combats, les camps d'El Fasher et de Zamzam sont devenus les épicentres d'un affrontement de plus en plus violent entre, d'un côté, les FSR, et de l'autre, les forces armées soudanaises, alliées à des groupes signataires de l'accord de paix de Juba d'octobre 2020.

Une situation humanitaire critique

La situation humanitaire dans la région, déjà désastreuse, continue de se détériorer. D'après l'OCHA, des centaines de civils ont été tués, dont au moins douze travailleurs humanitaires. Le Darfour-Occidental est à son tour affecté par les mouvements de population, subissant les répercussions des violences dans les États voisins.

Les besoins humanitaires explosent dans les villes hôtes, souvent mal desservies, où l'afflux soudain exerce une pression croissante sur les infrastructures, les systèmes de santé, l'accès à l'eau potable et les moyens de subsistance.

Les services de base sont gravement affectés : de nombreuses infrastructures essentielles ont été détruites dans les combats, les services d'approvisionnement en eau interrompus, et les établissements de santé, déjà insuffisants, sont désormais débordés ou hors service.

Un plan de réponse coordonné en préparation

Face à l'ampleur de la crise, les agences humanitaires s'organisent. Un plan de réponse est en cours d'élaboration pour le Darfour Nord, afin de coordonner les interventions autour des zones les plus touchées, notamment Zamzam et El Fasher.

Toutefois, l'insécurité persistante, les obstacles logistiques et le manque de ressources compromettent la capacité des humanitaires à intervenir efficacement. L'ONU et ses partenaires appellent de toute urgence les belligérants à respecter le droit international humanitaire, garantir la protection des civils et permettre un accès humanitaire sans entrave.

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