Assurer la souveraineté alimentaire n'est pas seulement un objectif agricole, mais un pilier fondamental de la sécurité nationale de l'Éthiopie, a déclaré Shiferaw Teklemariam, commissaire chargé de la gestion nationale des risques de catastrophe.
Dans un entretien exclusif avec ENA, le commissaire a souligné la nécessité d'une gestion proactive et robuste des risques de catastrophe, qui réponde aux aspirations du pays à la souveraineté alimentaire en allant au-delà de la simple réponse aux crises.
Selon lui, la commission est profondément engagée dans la réalisation de cet objectif crucial en atténuant proactivement les impacts des différents aléas.
Shiferaw a précisé qu'elle signifie non seulement produire ce que la nation consomme, mais aussi s'approprier l'ensemble du système alimentaire - de la production et de la distribution aux modes de consommation -, à l'abri de toute influence extérieure indue.
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L'initiative nationale « Bounty of the Basket » constitue une étape importante vers la réalisation de cette vision, où l'Éthiopie identifie sa production, consomme ses propres récoltes et dispose de la capacité de distribuer les excédents, affirmant ainsi le contrôle de sa chaîne d'approvisionnement alimentaire, a-t-il ajouté.
Le commissaire a souligné qu'une nation qui dépend des autres pour sa subsistance compromet son indépendance.
Il s'agit notamment de l'agriculture en grappes « Bounty of the Basket » et du développement massif de la culture des fruits et légumes.
Le commissaire a également souligné la nécessité de mettre en place des mécanismes solides d'aide humanitaire pour soutenir les populations touchées en ces temps difficiles, mettant en avant le concept de « souveraineté du soutien humanitaire ».
Selon le commissaire, l'élément clé pour parvenir à la souveraineté du soutien humanitaire est la constitution d'une réserve stratégique de céréales.
Des progrès significatifs ont été réalisés à cet égard, les régions disposant déjà d'environ 1 million de quintaux de réserves issues de la précédente campagne de récolte, soit 40 % du total des réserves requises, a-t-il révélé.
Pour gérer efficacement l'intervention humanitaire, la commission se concentre sur l'organisation des installations de stockage en créant des entrepôts aux niveaux régional et des woreda.
Shiferaw estime que le renforcement des capacités d'intervention rapide pour faire face à diverses catastrophes telles que les tremblements de terre, les glissements de terrain et les inondations est également une priorité.
Il a indiqué que neuf régions ont fait preuve d'autonomie en matière d'aide humanitaire, ne nécessitant aucune aide du gouvernement fédéral, tandis que les autres régions ont créé des fonds d'intervention en cas de catastrophe.
Le commissaire a conclu en soulignant qu'en gérant de manière proactive les risques de catastrophe, la nation peut réduire considérablement sa dépendance à l'aide alimentaire extérieure, ouvrant ainsi la voie à un avenir plus sûr et plus prospère pour tous les Éthiopiens.