À Madagascar, le président Andry Rajoelina et le président français Emmanuel Macron, ont décidé - cette semaine - de relancer la commission mixte sur les Îles Éparses. Six ans après la dernière et unique réunion de ce genre, le nouveau rendez-vous prévu le 30 juin à Paris doit permettre de discuter de l'avenir de ces territoires contrôlés par la France et revendiqués par Madagascar dans le canal du Mozambique. Un avenir qui ne passera pas par un transfert de souveraineté, a affirmé Emmanuel Macron à la fin de sa visite d'État, privilégiant plutôt une forme de cogestion. Une position qui fait réagir le gouvernement malgache comme l'opposition.
« Les Îles Éparses sont malgaches », affirmait le président Andry Rajoelina en octobre dernier, en souhaitant une rétrocession de la part de la France. Un scénario écarté par Emmanuel Macron lors de sa visite d'État à Madagascar les 23 et 24 avril. Mais pour la ministre des Affaires étrangères malgache, Rasata Rafaravavitafika, l'organisation d'une nouvelle réunion le 30 juin est tout de même une avancée.
« Madagascar revendique officiellement ces îles depuis les années 1970. Cette constance montre qu'il n'y a jamais eu d'abandon de droit. En 1979, l'Assemblée générale des Nations unies a d'ailleurs soutenu cette revendication en demandant à la France d'ouvrir des négociations. Aujourd'hui, Madagascar reste attaché à une solution respectueuse de ses droits historiques et conforme au droit international », dit-elle.
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« Chaque étape franchie est pour nous une reconnaissance de la légitimité de notre position et la reprise des travaux de la commission mixte témoigne d'une volonté commune d'avancer dans un esprit de respect et de partenariat. Le dialogue est donc maintenu et même renforcé, ce qui est un signe encourageant, malgré la complexité du dossier », poursuit la ministre des Affaires Étrangères.
« On veut une réponse claire et ferme d'Andry Rajoelina »
Pour l'opposant Hajo Andrianainarivelo, à la tête du parti MMM, la France doit d'abord transférer la souveraineté des îles Éparses à Madagascar avant d'envisager un quelconque système de cogestion. Il appelle le président malgache à réaffirmer lui-même cette revendication ancienne face au refus catégorique de Paris.
« On veut une réponse ferme et claire d'Andry Rajoelina. Nous serons intransigeants et nous le mettons en garde de ne pas changer le cours de l'histoire. Nous Malgaches, nous exigeons la souveraineté du pays sur ces îles-là. Pas loin de nous, l'Île Maurice, les Comores, continuent, eux aussi, à revendiquer des territoires. La question de souveraineté ne se négocie pas », déclare Hajo Andrianainarivelo.
Autre figure de l'opposition, le député de Tamatave Roland Ratsiraka se dit lui opposé à une restitution des Îles Éparses tant que le régime actuel est au pouvoir, craignant qu'elles soient vendues et deviennent source de spéculation. « Ce n'est pas la peine d'aller chercher à obtenir les Îles Eparses alors que nous sommes incapables de gérer les aires protégées ou encore toutes les ressources halieutiques présentes autour de Madagascar », déplore aussi le député.
Grâce aux Îles Éparses et aux zones maritimes associées, la France contrôle environ la moitié du canal du Mozambique, une route commerciale de plus en plus empruntée et un espace riche en ressources halieutiques et gazières.
