Congo-Kinshasa: La justice doit faire partie de tout processus de paix

A Goma, on s'interroge sur le sort des chefs rebelles en cas d'accord de paix entre la RDC et le Rwanda, alors que le processus de discussion est relancé.

Les accords signés, la semaine dernière, entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23 à Doha, d'une part, et ceux entre Kinshasa et le gouvernement rwandais à Washington, d'autre part, font naître l'espoir d'un retour de la paix dans l'est de la République démocratique du Congo.

Les habitants des zones sous contrôle des rebelles veulent croire en une issue positive de ces efforts diplomatiques.

Mais en plus de la paix, ils attendent la justice pour les crimes qui ont été commis dans la région, a constaté la DW à Goma.

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Bientôt "il n'y aura plus de rebelles dans la ville"

Après la signature de l'accord de principe aux Etats-Unis, le 25 avril dernier, entre les gouvernements congolais et rwandais, Sarah Salibaya, étudiante de Goma, rappelle que "plusieurs discussions menées par le président de la République, dans le cadre des négociations, n'ont pas abouti à grand-chose. Mais cette fois, je suis pleine d'espoir, je sais que tout va bien se passer et que nous serons libres. D'ici peu, il n'y aura plus de rebelles dans la ville".

Les Congolais attendent donc la conclusion des négociations, en espérant qu'une solution sera trouvée pour mettre un terme aux combats entre l'armée et les rebelles de l'AFC/M23.

Germain Kambere, un autre habitant de Goma, critique toutefois l'exclusion de la population du processus, alors qu'elle est la principale victime de la situation. "Notre souci, c'est de voir le dialogue trouver une solution à la crise, dit-il. Mais ce qui me fait mal, c'est de voir ce dialogue réunir juste les acteurs politiques, comme si la population n'était pas concernée. Pourtant, c'est nous, la population, qui en sommes les premières victimes."

Le sort des chefs rebelles

Parmi les points sensibles dans les discussions en cours figurent l'amnistie et l'intégration des chefs rebelles à des postes de responsabilité. Des erreurs que le gouvernement congolais ne devrait plus commettre, estime Souzy Kisuki, défenseur des droits humains.

Celle-ci affirme que "les gens veulent s'engager dans des rébellions, en espérant être ensuite promus à des postes de haute responsabilité dans le pays. Mais pour tous ceux qui ont participé aux crimes dans la ville de Goma et ailleurs, surtout dans la province du Nord-Kivu, il faut que justice soit faite, afin que les âmes des disparus puissent reposer en paix."

Malgré la signature de l'accord de principe de Doha, qui exige l'arrêt des hostilités afin d'aboutir à un cessez-le-feu, les combats ont repris, samedi dernier (26.04), dans les provinces orientales du Nord-Kivu et Sud-Kivu.

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