Malgré un climat d'incertitude, les exportateurs malgaches maintiennent leurs activités sous une taxe provisoire de 10 %. Celle-ci remplace temporairement les 47 % annoncés, en attendant l'issue des négociations.
Le 3 avril, l'administration américaine avait annoncé l'instauration d'une taxe de 47 % sur les exportations malgaches vers les États-Unis, provoquant un choc dans les milieux économiques. Cette décision a été partiellement allégée quelques jours plus tard, avec la mise en place d'un taux réduit à 10 % pour une période d'essai de 90 jours.
Malgré ces tensions, les entreprises n'ont pas cessé leurs activités. « À ce stade, aucune entreprise n'a totalement arrêté ses activités », confirme une source interne au Groupement des Entreprises Franches et Partenaires (GEFP). Les commandes américaines se poursuivent, même si elles sont désormais ajustées à un rythme mensuel, en fonction d'un délai moyen d'acheminement de 45 jours.
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Cette stabilité relative s'explique par les négociations engagées entre le gouvernement malgache, l'ambassade des États-Unis à Madagascar et le Bureau du Représentant américain au Commerce (USTR), responsable des négociations commerciales américaines. L'objectif est de maintenir les avantages de l'Agoa ou d'obtenir des exemptions ciblées pour des secteurs sensibles tels que le textile et l'agroalimentaire. Le GEFP adopte une communication prudente, privilégiant la discrétion sur l'état d'avancement de ces discussions.
En veille, mais en alerte
Le secteur des zones franches, représente plus de 175 000 emplois directs et indirects. Toute rupture brutale des relations commerciales avec les États-Unis fragiliserait un pilier essentiel de l'économie nationale.
En cas d'échec des négociations, les entreprises devront honorer leurs obligations légales, notamment le paiement des salaires, des congés et des préavis. Certaines pourraient être contraintes de fermer ou de délocaliser leur production vers d'autres pays comme le Vietnam ou l'Ouganda, identifiés par certains clients comme des alternatives viables.
La filière vanille n'est pas épargnée par la crise. Les États-Unis absorbent une grande partie de la vanille exportée par Madagascar, avec plus d'une cinquantaine d'usines américaines partenaires.
« Une concertation avec les acheteurs de vanille malgache aux États-Unis sera bientôt entreprise, avec l'ambassadrice de Madagascar aux États-Unis, Lantosoa Rakotomalala », précise une source.
En revanche, le secteur textile, en première ligne face à cette mesure, attend toujours une réponse concrète de la part des autorités américaines.