Madagascar: Face à la crise de l'emploi, le secteur informel s'étend à de nouveaux métiers

Dans les villes malgaches, où la crise de l'emploi s'est aggravée depuis la pandémie de Covid-19 selon Banque mondiale, les travailleurs misent plus que jamais sur les opportunités offertes par l'informel, loin des carcans d'un emploi de bureau. Ainsi à Madagascar, ce 1er mai est comme chaque année décrété férié, chômé et payé à travers tout le pays pour seulement une minorité de la population.

En ligne, les mains rivés sur le guidon, une dizaine de conducteurs de vélos-taxis ont fait de ce trottoir leur station du moment dans le quartier d'Anosy. À Madagascar, ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers de nouveaux métiers dans le secteur informel. Et donc pour les 8 actifs sur 10 qui travaillent dans le secteur informel, le 1er-Mai reste une journée comme une autre. Les bons jours, Andry peut espérer tirer de ses courses 10 000 ariary, soit 2 euros.

Agent de sécurité le week-end, il slalome entre les bus et les véhicules de la ville la semaine. Il place donc beaucoup d'espoir dans son deux-roues. « Ce vélo, c'est mon patrimoine alors j'y tiens vraiment ! Comme l'État n'a pas de travail à nous offrir, on le crée nous-mêmes. D'ailleurs, l'argent que je gagne ici, je l'épargne, pour investir plus tard dans un taxi moto et encore plus tard dans une voiture ! », raconte-t-il.

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À même la rue, Emile, lui, code et manipule les smartphones les plus récents. Il s'est lancé dans le déblocage mobile, un service qui permet de contourner les barrières d'utilisation imposées par des opérateurs mobiles. Ce travailleur s'est formé à l'aide de simples tutoriels en ligne. Une activité qui lui rapporte jusqu'à 700 000 ariary, soit 138 euros par mois.

Et il fait le même constat : « Il ne faut rien attendre de l'État car même avec un emploi formel, on n'arrive pas à joindre les deux bouts. Mais je pense que nous Malgaches, nous sommes forts car nous sommes les champions de la débrouille ! ».

Depuis le Covid-19 et ses effets dévastateurs sur l'emploi, le secteur informel n'a cessé de conforter sa place prédominante dans l'économie malgache en inventant de nouveaux services pour la ville. Une dynamique que la municipalité tente de maîtriser dans la capitale.

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