Congo-Kinshasa: Football - « C'est un rêve de jouer au Paris Saint-Germain», confie la Congolaise Merveille Kanjinga

interview

C'est un des transferts les plus marquants de cette saison en première division française féminine. L'attaquante congolaise Merveille Kanjinga a rejoint le Paris Saint-Germain en février dernier. Star du TP Mazembe et lauréate de la Ligue des Champions féminine de la CAF en 2024, la buteuse de 22 ans, autrice de 2 buts et 3 passes décisives en 7 matchs en France, a d'ores et déjà bousculé la hiérarchie au PSG. C'est à RFI que Merveille Kanjinga a accordé son tout premier entretien depuis son arrivée à Paris.

RFI : Merveille Kanjinga, vous êtes actuellement joueuse du Paris Saint-Germain, auparavant vous étiez pensionnaire du TP Mazembe où vous avez remporté la Ligue des Champions. Comment s'est passée votre adaptation dans ce nouvel environnement ?

Merveille Kanjinga: Ça se passe très bien avec le club du Paris Saint-Germain. On m'a très bien accueillie, dans l'ensemble ça se passe très bien vraiment ! Je me suis bien installé mais j'ai besoin d'un petit temps d'adaptation. Qu'on me laisse un peu de temps. A chaque entrainement j'essaie de m'améliorer par rapport à la veille. Je n'ai pas encore atteint mon meilleur niveau. Le football africain et européen ce n'est pas pareil. Je suis arrivé ici en hiver, il faisait froid, c'était un peu dur. C'est un rêve de jouer ici, un rêve pour une grande partie de la communauté congolaise. En RDC, beaucoup espèrent jouer un jour dans un club comme le Paris Saint-Germain.

Vous avez quitté Lubumbashi et le TP Mazembe en plaçant l'équipe féminine sur le toit de l'Afrique. Etes-vous consciente d'avoir marqué l'histoire de ce club ?

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Je suis très heureuse de voir un club comme Mazembe remporter cette Coupe. C'est souvent la section masculine du TP qui brille en Ligue des Champions. L'année dernière c'était l'équipe féminine. Ça fait du bien et vraiment plaisir. J'essaie d'inspirer les jeunes filles de RDC. Il y a beaucoup de talent au Congo, avec du travail et une prise de conscience, des nouvelles joueuses pourraient atteindre les grands clubs européens.

Vous pouvez remporter un premier trophée avec le PSG. Vous disputez samedi 3 mai la finale de la Coupe de France contre le Paris FC.

C'est un match compliqué mais là c'est une finale. Ça ne se joue pas, ça se gagne ! On va mouiller le maillot toutes ensemble. On va faire de bonnes choses et remporter la Coupe. On se connaît bien, les entraînements se déroulent bien. On veut remporter ce trophée.

Quels sont vos objectifs avec le Paris Saint Germain ?

Les objectifs sont de gagner des titres, des Coupes, des trophées. Je veux rester focus et marquer le plus de buts. Je n'ai pas d'objectif de buts précis à marquer. Je peux vous dire "je vais atteindre 5 buts" pour les dépasser. Les buts ça va ça vient.

Il y a des joueuses d'origine congolaise dans l'effectif parisien comme Marie-Antoinette Katoto ou Grace Geyoro. Vous êtes proche d'elles ?

Oui bien sûr ! On s'entend très bien avec les filles, il y a une bonne ambiance entre nous. On parle de la RDC avec Marie-Antoinette et Grace. Il y a aussi Sakina Karchaoui qui essaie de parler lingala !

Quelles sont les différences entre le TP Mazembe et le Paris Saint Germain ?

Le TP MAzembe est une grande équipe. La différence c'est le professionnalisme. Il y en a beaucoup à Mazembe mais le football européen c'est une autre dimension. Il y a une différence de niveau. Au Congo, il y a des matchs que vous pouvez gagner 40 ou 50-0. En France, même si l'équipe est faible, si elle travaille et reste sérieuse, tu ne gagnes pas par plus de 15 ou 20 buts.

Vous êtes surnommée la "Cyborg", pourquoi ?

Parce qu'on disait que j'étais un peu dure sur le terrain. J'ai également la vitesse. C'est pour un ensemble de choses qu'on m'appelle la Cyborg. Je suis forte et rapide.

Quelle est la joueuse qui vous inspire le plus ?

Au Congo, il y a une joueuse qui évolue maintenant en Turquie. Je n'ai jamais joué en club avec elle. Elle s'appelle Isabelle (ndlr : Diakiese). Elle m'a beaucoup inspiré depuis 2021 et la Coupe du Congo à Kinshasa. Je l'ai vue jouer et j'ai apprécié ses déplacements, ses buts et ses passes. Elle est attaquante comme moi. Elle m'a donné la force de travailler quand je suis retourné à Lubumbashi.

Vous êtes désormais une cadre de la sélection féminine congolaise qui va disputer la Coupe d'Afrique des Nations en juillet prochain. Quels sont les objectifs des Léopardes?

Les ambitions c'est d'y aller pour remporter le plus de matchs et le titre. Nous voulons remporter la CAN. Ça fait plaisir de porter ce maillot, ce n'est pas anodin. C'est un honneur de jouer pour ces supporters. Les familles peuvent être stressées et quand elles voient nos matchs, ça leur fait du bien.

Vous avez énormément de soutien de la part des fans congolais, que voulez-vous leur dire ?

Je tiens à dire à tous mes fans de continuer à me soutenir et à m'encourager même de loin. Ils sont là et critiquent les mauvaises et bonnes choses. Ça fait du bien, c'est là que tu progresses. Je les aime beaucoup et je sais que eux aussi m'aiment.

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