Alors que la guerre au Soudan représente aujourd'hui la plus grande crise des déplacés au monde, avec notamment 11 millions sont des déplacés internes, à Port-Soudan, l'école de filles d'Arkaweet accueille plusieurs centaines de déplacés et l'institution s'efforce de scolariser tous les enfants.
Derrière les bâtiments de l'école d'Arkaweet, des tentes blanches sont plantées. C'est ici que vit Ritag Fadlahla, 13 ans. Elle a fui Khartoum il y a 18 mois : « L'école ici n'est pas si mal, surtout pour une déplacée comme moi. Je me réveille à 6h et me prépare. À 7h50, l'école commence. En ce moment, ce sont les examens. Les journées passent vite, l'école m'occupe beaucoup. »
Alag Malik Almatar a 16 ans. Elle a quitté Omdurman avec sa mère, laissant son père derrière elle. Pour le rendre fier, elle entend réussir ses examens : « On vit à neuf dans la tente. Je fais mes devoirs et j'étudie à l'intérieur de l'école. La directrice nous y autorise. On n'a pas payé non plus les frais d'inscription. Je voudrais être ingénieure. Je veux reconstruire mon pays et faire partie d'une génération consciente. »
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Les effectifs de l'école d'Arkaweet s'élèvent aujourd'hui à 800 élèves dont un quart sont des déplacées. Les garçons sont envoyés dans un établissement voisin. « Les élèves déplacées sont nerveuses, ont du mal à se concentrer à cause de ce qu'elles ont vécu. Nos classes sont bondées. Certaines s'assoient par terre. Parfois, elles sortent pour respirer. Mais l'éducation, c'est leur droit et sans cela les conséquences seraient terribles », souligne Shama Ahmad Bashir, directrice de l'école d'Arkaweet.
Avant la guerre, l'école d'Arkaweet accueillait 70 étudiantes par classe. Aujourd'hui, elles sont près de 130.