Afrique: Le continent et les restrictions budgétaires américaines - Ces coupes claires qui assombrissent des millions de vies

analyse

C'est une scène quasi surréaliste, mais dont la symbolique n'est pas passée inaperçue aux yeux de ceux qui ont suivi la campagne de celui qui se présente comme le préfacier de « l'âge d'or des USA, Donald Trump, et dont le mantra était : « Rendre l'Amérique plus forte » ou « Make America great again (MAGA) ».

Ce jour-là, lors d'un rassemblement des Conservateurs à Washington, le fantasque milliardaire, Elon Musk, patron de Tesla, Space X et X, anciennement Twitter, est apparu en public, une tronçonneuse en main que venait de lui offrir le non moins exubérant président populiste argentin, Javier Milei.

Une tronçonneuse entre les mains de celui qui a hérité de la tête du département créé de toutes pièces, la Commission pour l'efficacité gouvernementale (DOGE), assurément, ça va tailler dans tous les sens.

Et fissa. Tour à tour, le FBI, l'Education nationale, la VOA et bien d'autres pans de l'Administration fédérale ont été sommés de faire le point de leurs effectifs ou purement et simplement fermés pour raison de rationalisation et de rationnement budgétaires.

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Première victime emblématique de ces coupes claires menées tronçonneuse hurlante : l'USAID, l'Agence des États-Unis pour le développement international, dont toutes les représentations dans le monde entier ont reçu l'ordre de licencier tous les personnels.

Fini donc, en tout cas sous l'ère Trump, le financement américain à cet organisme dont les domaines d'intervention vont de la santé à la gouvernance démocratique en passant par l'éducation, l'accès à l'eau potable, l'environnement, le changement climatique et la réalisation d'infrastructures socio-économiques. Principalement en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud.

Mais il en faut davantage pour oncle Donald pour inaugurer « l'âge d'or » promis à ses partisans. Et rien ne sera de trop pour y arriver. Quitte à multiplier de manière compulsive les mesures gouvernementales avant de rétropédaler sur bien d'entre elles au regard des conséquences redoutées sur l'économie américaine.

Ainsi, par exemple, de la hausse des taxes douanières de tous les produits d'importation, ou de la déportation massive des migrants illégaux.

Dernière trouvaille en date de l'actuel locataire du Bureau ovale, qui en cent jours seulement de présidence a atteint un niveau historique d'impopularité, selon les sondages : effectuer encore et encore des coupes drastiques sur l'aide américaine à travers le budget 2026 dont le projet vient d'être rendu public.

Cette fois-ci, c'est le continent noir qui en recevra les contrecoups en plein visage avec la rogne prévue de l'aide naguère accordée à des institutions et programmes africains.

En effet, sauf volte-face de dernière minute dont il est coutumier, l'homme à la chevelure peroxydée prévoit une diète financière à la Banque africaine de développement (BAD) à travers la suppression du Fonds africain de développement pour « non-alignement sur les priorités de son administration ». Montant de la privation : 555 millions de dollars.

Quand on sait que ce Fonds permettait à bien des Etats africains d'obtenir des prêts à des taux préférentiels, on imagine aisément le manque à gagner qu'il faudra combler pour financer les nécessaires réalisations d'infrastructures socio-économiques.

Certes, cet essorage continu de l'aide publique américaine va inexorablement affecter des millions de vies, particulièrement sur le continent noir, mais de là à traiter Donald Trump de tous les noms d'oiseaux des savanes et des forêts africaines serait un mauvais procès.

En effet, il ne faut pas perdre de vue que le milliardaire new-yorkais est avant tout président des USA, élus par des Américains pour les Américains. Son mandat sera jugé à l'aune de ce qu'il aura apporté ou non en termes d'amélioration de la qualité de vie de ses concitoyens.

C'est aux autres Etats, particulièrement aux nations dites en voie de développement, de repenser leur rapport à l'aide au développement. Quelle soit américaine, européenne, chinoise ou autre, la solidarité internationale restera un appoint, qui plus est aléatoire, dont il faut créer les conditions de s'en passer. Au lieu de se complaire dans le confort douillet de l'assistanat permanent.

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