La coalition Notre Terre sans pétrole, qui regroupe 176 organisations congolaises et internationales, dénonce dans un communiqué l'ouverture de 52 nouveaux blocs pétroliers dans le bassin du Congo. Cette décision a été annoncée par le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) le 2 mai 2025, et ce, alors que le pays cherche à se positionner comme un acteur clé dans la lutte contre le dérèglement climatique. Pour la coalition, la relance de projets d'exploration pétrolière dans une zone protégée de la cuvette centrale est incompréhensible et intolérable.
Pour Patient Muamba de l'ONG Corap, un des membres de la coalition Notre Terre sans pétrole, qui regroupe 176 organisations congolaises et internationales, le constat est simple.
« Nous ne pouvons pas reprocher à un État d'exploiter ses ressources naturelles, mais nous pouvons reprocher à un État d'exploiter ses ressources naturelles en mettant à mal l'avenir de communautés qui dépendent essentiellement de ressources naturelles pour vivre », explique-t-il.
Un lieu protégé
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Les organisations dénoncent les impacts de l'exploitation pétrolière sur la biodiversité, le climat et les populations locales. Mais c'est surtout le lieu qui interpelle, puisque la zone ciblée recoupe une grande partie du « couloir vert » Kivu-Kinshasa, une immense réserve forestière lancée par le président Tshisekedi en janvier dernier.
« Pouquoi est-ce qu'un pays qui se veut solution au problème climatique peut également devenir celui qui fait la promotion des énergies fossiles ? », s'interroge Patient Muamba.
Quelles retombées économiques ?
Enfin, l'ONG Corap remet en cause les potentielles retombées économiques de l'exploitation pétrolière pour les populations. « Vous avez un exemple, c'est la ville de Muanda, où Perenco exploite du pétrole depuis des années. Quel a été le développement que cette exploitation a amené dans les territoires de Muanda ? Aucun développement », dénonce-t-il.
Les 176 membres de La coalition Notre Terre sans pétrole demandent donc l'arrêt immédiat de ce projet et réclament un moratoire complet sur l'exploitation pétrolière et gazière en RDC.