Afrique: Conclave - Le « Burkinabè » Parolin aux manettes

Les choses sérieuses ont commencé hier dans l'après-midi au Vatican. 17 jours après le décès du pape François, le collège cardinalice s'est retranché pour le conclave dans la chapelle Sixtine sous le regard du Jugement dernier de Michel-Ange.

Les 133 cardinaux ont donc la lourde tâche de trouver un nouveau souverain pontife.

La journée a en réalité commencé au petit trot par une succession d'actes réglés comme du papier à musique.

Il y a eu d'abord la messe votive dirigée par Mgr Diego Ravelli et ayant réuni cardinaux électeurs et non électeurs, la procession, puis la prestation de serment en latin avec la main droite posée sur l'évangile avant de se retrouver dans la chapelle Sixtine. Juste avant, Mgr Ravelli avait lancé d'une voix solennelle la formule latine « extra omnes » (tous dehors) pour faire sortir les personnes non autorisées à participer à la réunion à huis clos.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Ainsi, le conclave à proprement parler peut commencer. Déjà hier dans la soirée, des volutes de fumée qu'on pouvait aisément deviner noires se sont élevées de la cheminée de la chapelle Sixtine vers laquelle tous les yeux et toutes les caméras du monde sont rivés depuis hier mercredi 7 mai.

À partir de ce jeudi, il y aura donc deux votes : deux dans la matinée et deux autres dans l'après-midi. Et si tout se passe bien, il n'est pas interdit de penser que dans le courant de cette journée, les catholiques du monde entier aient un nouveau chef.

Jusqu'à ce que le collège cardinalice se réunisse, les conjectures allaient bon train sur la personne de l'heureux élu, mais aussi bien sûr sur la direction que prendrait le Vatican dans les années à venir.

108 des 133 cardinaux ayant été créés par le défunt pape, certains observateurs de l'actualité catholique et vaticane sont enclins à penser que ce serait un pape dans la continuité de François avec le côté « progressiste » qui était celui du pape argentin.

Vu du Burkina, ce conclave est suivi avec un intérêt particulier pour deux raisons principales : d'abord parce que parmi les électeurs figure le cardinal Philippe Ouédraogo, l'archevêque émérite de Ouagadougou, ainsi que le cardinal Pietro Parolin qui préside le conclave. Les Burkinabè se souviennent en effet que ce secrétaire d'État du Saint-Siège a effectué un séjour il y a à peine trois mois au Pays des hommes intègres. En effet, il avait séjourné du 14 au 18 février 2025 au Burkina dans le cadre du 125e anniversaire de l'évangélisation du Burkina dont l'apothéose a eu lieu au sanctuaire marial de Yagma. À côté de ses obligations pastorales, il a eu de nombreux entretiens avec des autorités politiques et administratives, notamment le chef de l'État et le ministre des Affaires étrangères qui l'a d'ailleurs fait officier de l'Ordre de l'Étalon. On le revoit d'ailleurs drapé dans un Faso dan fani majestueux et coiffé du fameux chapeau de Saponé. Pour un peu, on dirait que c'est un Burkinabè qui préside le conclave.

Vivement que cette fumée blanche tant attendue s'élève rapidement dans le ciel de Rome pour mettre fin à la vacance du pouvoir de l'Eglise catholique dont la particularité est de ne pas être confinée dans un seul Etat mais d'avoir une vocation universelle.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 80 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.