Congo-Kinshasa: Devant les députés européens, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege alerte sur la situation au pays

Denis Mukwege, Chirurgien Gynécologue Prix Nobel de la Paix 2018

Le docteur Denis Mukwege, prix Sakharov et prix Nobel de la paix, était à Strasbourg au Parlement Européen mercredi matin. Devant les parlementaires, il a de nouveau alerté sur la situation en RDC.

Devant les parlementaires réunis à Strasbourg, Denis Mukwegue a commencé par rappeler les chiffres, terrifiants, d'un conflit aux 6 millions de morts, une « guerre négligée et oubliée par le monde occidental » selon lui. « Il y a 26 millions de Congolais qui vivent dans l'insécurité alimentaire total, 7,8 millions de déplacés internes et une femme violée toutes les 4 minutes », a-t-il dit.

Prix Sakharov et prix Nobel de la paix, il est venu pour essayer de trouver des solutions à la guerre que connaît actuellement la République Démocratique du Congo, où les conflits sont permanents depuis 30 ans et où, depuis janvier dernier, de vastes territoires à l'est du pays (dont Goma et Bukavu) ont été conquis par les rebelles du M23, soutenus par leRwanda. Le défenseur emblématique des droits humains en RDC a à nouveau défendu l'idée de négociations à dimension internationale pour parvenir à une solution durable dans le pays.

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Le médecin a aussi évoqué les dernières négociations entre le Rwanda et la RDC et l'accord de principe signé fin avril à Washington sous l'égide des États-Unis. Ce dernier pourrait déboucher sur un accord de paix après les négociations qui prévoient un cessez-le-feu immédiat, une aide au retour des réfugiés mais aussi une partie économique, beaucoup trop « opaque », selon lui.

Ces négociations tournent autour, comme toujours, des très convoités minerais congolais comme le cobalt ou le tantale. Une co-gestion des ressources naturelles et minières par les deux pays est prévue. « C'est une graine de conflit qu'on est en train de planter », estime Denis Mukwegue. Et d'ajouter : « Vous ne pouvez demander à deux États qui sont en conflit avec des millions de mort, sans parler de la justice, à ce qu'il y ait une co-gestion des ressources naturelles, c'est tout simplement inconcevable ».

Le gynécologue, lui, plaide pour une discussion internationale inclusive et appelle l'Europe à s'impliquer dans les négociations. Et ce alors même que les États-Unis de Donald Trump pousseraient de leur côté pour un accord permettant à leurs entreprises d'accéder plus facilement aux matières premières de la région des Grands Lacs.

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