Le docteur Denis Mukwege, prix Sakharov et prix Nobel de la paix, était à Strasbourg au Parlement Européen mercredi matin. Devant les parlementaires, il a de nouveau alerté sur la situation en RDC.
Devant les parlementaires réunis à Strasbourg, Denis Mukwegue a commencé par rappeler les chiffres, terrifiants, d'un conflit aux 6 millions de morts, une « guerre négligée et oubliée par le monde occidental » selon lui. « Il y a 26 millions de Congolais qui vivent dans l'insécurité alimentaire total, 7,8 millions de déplacés internes et une femme violée toutes les 4 minutes », a-t-il dit.
Prix Sakharov et prix Nobel de la paix, il est venu pour essayer de trouver des solutions à la guerre que connaît actuellement la République Démocratique du Congo, où les conflits sont permanents depuis 30 ans et où, depuis janvier dernier, de vastes territoires à l'est du pays (dont Goma et Bukavu) ont été conquis par les rebelles du M23, soutenus par leRwanda. Le défenseur emblématique des droits humains en RDC a à nouveau défendu l'idée de négociations à dimension internationale pour parvenir à une solution durable dans le pays.
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Le médecin a aussi évoqué les dernières négociations entre le Rwanda et la RDC et l'accord de principe signé fin avril à Washington sous l'égide des États-Unis. Ce dernier pourrait déboucher sur un accord de paix après les négociations qui prévoient un cessez-le-feu immédiat, une aide au retour des réfugiés mais aussi une partie économique, beaucoup trop « opaque », selon lui.
Ces négociations tournent autour, comme toujours, des très convoités minerais congolais comme le cobalt ou le tantale. Une co-gestion des ressources naturelles et minières par les deux pays est prévue. « C'est une graine de conflit qu'on est en train de planter », estime Denis Mukwegue. Et d'ajouter : « Vous ne pouvez demander à deux États qui sont en conflit avec des millions de mort, sans parler de la justice, à ce qu'il y ait une co-gestion des ressources naturelles, c'est tout simplement inconcevable ».
Le gynécologue, lui, plaide pour une discussion internationale inclusive et appelle l'Europe à s'impliquer dans les négociations. Et ce alors même que les États-Unis de Donald Trump pousseraient de leur côté pour un accord permettant à leurs entreprises d'accéder plus facilement aux matières premières de la région des Grands Lacs.
