À Madagascar, c'est une affaire qui fait grand bruit sur les réseaux sociaux et déclenche des réactions jusqu'au sommet de l'État. Mi-avril, un colonel soupçonné d'avoir déposé des cocktails molotov devant le pôle anti-corruption d'Antananarivo et aux abords de la Villa Pradon - siège du groupe Sodiat - a été arrêté avant de s'évader deux jours plus tard de son centre de détention. Il est réapparu sur les réseaux sociaux samedi dernier. Dans un message vidéo très virulent, il accuse notamment un homme d'affaires malgache de corruption.
La vidéo tournée depuis un lieu inconnu a été visionnée plusieurs centaines de milliers de fois. Face caméra, le colonel Rakotomamonjy, décline une longue liste d'accusations. « Notre pays est gouverné sous l'ombre de Monsieur Mamy Ravatomanga, qui ne fait que de la corruption et du trafic d'influence », dit-il. Homme d'affaires sulfureux, ce dernier est un proche du président Andry Rajoelina.
Dans sa vidéo, le colonel dénonce entre autres « des fraudes financières » au sein de l'hôpital militaire d'Antananarivo, où il occupait jusqu'à récemment un poste de direction. Le ministère des Forces armées a aussitôt condamné « des diffamations et des calomnies ».
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Ces accusations sont en revanche prises au sérieux par Transparency International Madagascar, qui, dans un communiqué, demande aux autorités de mener immédiatement des enquêtes indépendantes, affirmant que les soupçons évoqués « reflètent les inquiétudes des citoyens à bien des égards et dans divers secteurs ». L'organisation appelle également à des mesures urgentes pour protéger les lanceurs d'alerte.
Sans revenir sur les accusations du colonel Rakotomamonjy, le président Andry Rajoelina a lui déclaré mardi que son évasion, deux semaines avant la vidéo, était inacceptable, exigeant que cela ne se reproduise plus.
