Au Gabon, la mise en place de la 5e République s'accélère. Après la formation de son gouvernement, le président Oligui Nguema a convoqué mercredi 7 mai au palais présidentiel tous les chefs des partis politiques légalement reconnus. Au menu de la rencontre, l'application des recommandations du dialogue national tenu en avril 2024. Ce dialogue avait décidé de réduire le nombre de partis politiques et de définir les critères de création d'un parti. Au cours de la rencontre, le président a annoncé qu'il a décidé de mettre en application ces recommandations et à la sortie, les points de vue divergent.
Face à ses invités mercredi 7 mai, Brice Oligui Nguema a tenu un langage de fermeté. L'an dernier, le dialogue national avait estimé que 106 partis politiques était un trop grand nombre pour un pays de 2 millions d'habitants. Les participants avaient donc décidé de réduire et surtout, de corser les critères de création d'un parti. C'est ce qui se fera, a martelé le chef de l'État.
Blaise Louembé, président du Parti démocratique gabonais, l'ancienne formation au pouvoir, est sorti de la rencontre particulièrement satisfait. « Le Parti démocratique gabonais partage entièrement les préoccupations de son Excellence monsieur le président de la République. Il ne fait que mettre en forme les accords du dialogue national, le parti démocratique gabonais les partage et va y répondre », précise-t-il.
Des points de vue divergents
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C'est un recul de la démocratie, un retour subtil au parti unique, a dénoncé Théodore Mayaza, président du Rassemblement des démocrates indépendants. « Moi, j'ai peur, j'ai vraiment peur. Nous devons continuer dans le multipartisme, parce que si nous revenons en arrière, on va aller dans un parti unique, qu'on a déjà tué. S'il faut revenir dans les partis uniques, non, nous ne sommes pas d'accord », regrette-t-il.
Une commission a été mise en place pour proposer les critères définitifs qui seront intégrés dans la prochaine loi relative aux partis politiques.
Une autre commission se penchera, elle, sur la question du découpage électoral.