Le Paris Football Club jouera en Ligue 1 la saison prochaine. Le club de la capitale, qui retrouvera son voisin, le Paris SG, est assuré de terminer dans les deux premiers de Ligue 2 avant le dernier match ce samedi contre l'AC Ajaccio. Meilleur buteur du club, Jean-Philippe Krasso est l'un des grands artisans de cette montée. L'attaquant international ivoirien s'est confié à RFI pour évoquer cette saison, son avenir au Paris FC et en sélection de Côte d'Ivoire.
Que représente pour vous cette montée en Ligue 1 ?
Beaucoup de choses : c'est l'accomplissement de l'aventure humaine, d'une équipe, et d'un objectif collectif. On a tendance à retenir les derniers matchs, mais il y a toutes ces batailles qu'on a su remporter, ainsi que les défaites qui nous ont servi. Cette fin de saison, c'est l'accomplissement de beaucoup d'efforts et d'entraide.
L'équipe a occupé les premiers rôles durant toute la saison, comment expliquer cette réussite ?
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Déjà, il y a des bons joueurs : ça aide ! Mais aussi une très bonne entente au sein du vestiaire : ça rigole beaucoup, et cela se retrouve sur le terrain, surtout quand on est en difficulté, car on a plus de facilité à se parler. En regardant dans le rétroviseur, on se souvient de certains moments plus faciles que d'autres, mais ces moments difficiles nous ont permis d'avancer.
Quels ont été, selon vous, les tournants de cette saison ?
C'est l'addition de toutes les victoires qui a compté, mais certaines ont été plus difficiles à obtenir, et ce sont des matchs qui marquent. Par exemple, lorsqu'on a battu Laval au match aller (1-0, le 04 octobre 2024) en marquant en fin de rencontre ; ou encore face à Dunkerque (le 23 aout 2024), quand on est mené 0-2, on a l'impression que c'est fini et on s'impose 3-2. C'est le genre de match qui nous montre la voie.
En tant que meilleur buteur du club (15 réalisations), vous avez grandement contribué à cette montée. Comment jugez-vous votre saison ?
Statistiquement, on ne va pas se mentir, c'est une bonne saison. Sur certains matchs, je sais que j'ai manqué d'efficacité, donc je suis content des chiffres, mais je pense que j'aurais pu marquer davantage. Les buts et les passes décisives, c'est mon travail, j'essaie d'en faire le plus possible pour aider l'équipe, d'être le plus altruiste possible. C'est dans ma nature, et parfois, on me dit d'être plus "méchant". L'objectif restait d'aller chercher la montée tous ensemble. S'il y a une petite cerise personnelle sur le gâteau, c'est tant mieux, mais je n'y pense pas vraiment.
Vous avez rejoint le Paris FC l'été dernier, dans quel contexte s'est déroulé votre arrivée ?
Je sortais d'une saison à l'Étoile rouge de Belgrade où j'avais peu joué. Je voulais retrouver un projet important où j'allais retrouver du temps de jeu, cette envie de jouer au football et ce qui me donne envie de me lever tous les matins : participer à quelque chose. On a échangé avec le Paris FC, dont le projet m'a immédiatement séduit. Je remercie encore l'entraineur (Stéphane Gilli), et le président Pierre Ferracci pour la confiance. Je sortais d'une saison quasi-blanche et ils ont cru en moi et m'ont dit : "On compte sur toi, pour que tu joues et que tu nous aides à aller chercher la montée." Et ils n'ont pas menti.
Comment avez-vous réagi à l'annonce rachat du club en novembre (par la holding familiale de Bernard Arnault, patron de l'entreprise LVMH et plus grande fortune de France, et par le groupe Red Bull) ?
C'est assez excitant. D'autant plus que c'est une famille française ; on sait ce qu'ils font et ce qu'ils ont fait. On porte certaines de leurs marques dans le vestiaire. C'est un nouvel allié. Et puis il y a aussi le groupe Red Bull, qui va apporter une expérience sur le côté footballistique et sur la gestion.
À lire aussiFootball: avec la montée du Paris FC en Ligue 1, de nouveaux défis et retour d'un derby dans la capitale
Forcément, on imagine que ce genre de projet donne envie de s'inscrire dans la durée...
C'était mon ambition quand j'ai signé ce contrat de trois ans. C'est toujours le cas. Je me sens très bien ici, et ma famille aussi. Donc, je n'ai qu'une envie : c'est de continuer l'aventure en Ligue 1.
... Au sein d'un deuxième club à Paris dans l'élite en plus du Paris SG.
Il y a beaucoup de derby dans d'autres pays avec des stades très proches l'un de l'autre. Ce sera une histoire de derbies, en soi, c'est la même ville. Mais je ne crois pas qu'il y ait une rivalité plus que ça. Ce sera sympa et je pense que ce sera un match animé. En tout cas, je suis totalement "hyped" (excité, en anglais) ! (Il sourit)
Dans quelques mois au Maroc, vous tenterez de conserver votre titre de champion d'Afrique avec la Côte d'Ivoire, c'est l'unique objectif ?
Quand on a vécu ce qu'on a vécu, et le bonheur que cela a procuré à nos familles et à tout un peuple, on a juste envie de revivre ça. Gagner cette CAN en Côte d'Ivoire, c'était incroyable. Bien sûr, il y a de très bonnes équipes et tous les matchs seront difficiles, mais on va se battre et essayer d'aller au bout. On va tout donner et on verra bien où cela nous mène. Mais l'objectif, c'est ça : aller défendre notre titre et repartir avec.
Les Éléphants figurent dans un groupe avec le Mozambique, le Cameroun, le Gabon...
Ce n'est pas un groupe facile. Mais le niveau est relevé dans les autres poules. Mais il va falloir être concentré à chaque match. On a vu ce qu'il s'est passé lors de notre CAN à domicile. Dans un groupe qui paraissait moins difficile, on est passé par miracle. Enfin, beaucoup même ! (Il rit). En tout cas, ce sera trois matchs compliqués, il va falloir être bons.
Vous êtes également bien partis dans les Éliminatoires du mondial 2026. La Coupe du monde, on imagine que c'est un rêve ?
C'est clair ! On a commencé le foot pour ça. Ce serait un rêve d'y aller. Pour l'instant, on est bien placé, en tête du groupe avec un point d'avance sur le Gabon. Il nous restera deux fenêtres internationales, avec notamment un match contre cet adversaire direct. On essaiera de conserver ce point d'avance et même si possible l'augmenter pour pouvoir se qualifier, et se préparer pour aller défendre nos couleurs sur d'autres continents. Puis faire de notre mieux, rendre fiers nos proches. Cette fois, il y aura un peu plus que sept matchs à jouer pour gagner la Coupe. Mais pourquoi pas ! Quand on joue un match, c'est pour le gagner. On va essayer d'y aller pour aller au bout.