Congo-Brazzaville: Processus électoral - L'ancien secrétaire général des « Souverainistes » propose des réformes

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, le 5 mai, l'ancien secrétaire général démissionnaire du parti d'opposition « Les souverainistes », Franck Ngoma, a énuméré les possibilités de réformes du système électoral congolais dans l'idéal de « le dépouiller de toute susceptibilité » afin de permettre au pays de « réaliser un nouveau sursaut démocratique ».

Ayant pour objet « Election présidentielle en République du Congo : entre opportunisme électoral et superficialité politique, le Pacte national de développement et la redéfinition des conditions d'éligibilité comme alternatives », la lettre ouverte est enregistrée à la présidence de la République, notamment à la direction du courrier, le 5 mai. En effet, les propositions de Franck Ngoma portent sur le Pacte national de développement (PND); l'exclusivité de la nationalité congolaise ; la déclaration obligatoire de patrimoine ; le parrainage électoral.

Parlant du PND, il a rappelé que les projets de société au Congo ont souvent été perçus comme des instruments de légitimation personnelle plutôt que comme des engagements sincères envers le bien commun. Cette réalité souligne, a-t-il dit, la nécessité d'une refondation intellectuelle et politique, visant à instaurer un cadre structurant pour le développement national. Il s'agit d'une charte stratégique et consensuelle qui projettera la nation vers un horizon de 50 à 70 ans.

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« Il constituerait un instrument d'alignement pour les projets de société des candidats aux différents scrutins présidentiels, les obligeant à articuler leurs propositions en parfaite cohérence avec les objectifs stratégiques du PND. De cette manière, les campagnes électorales se transformeraient en véritables espaces de débats, centrés sur les stratégies concrètes de mise en oeuvre du PND, permettant ainsi d'encourager une compétition d'idées plutôt que des discours réducteurs et simplistes, souvent marqués par une superficialité politique », a détaillé Franck Ngoma. Il a précisé que ce processus ouvrirait la voie à la création, au sein de la Commission nationale électorale indépendante, de comités d'experts indépendants, dont le rôle serait d'analyser la faisabilité et la pertinence des propositions électorales des candidats, à la lumière des objectifs fixés par le PND.

Quant à l'exclusivité de la nationalité congolaise, il pense que cette exigence pour la candidature à l'élection présidentielle, bien que rationnelle et spécifique, reste néanmoins insuffisante pour garantir la pleine souveraineté et l'intégrité de l'institution présidentielle. « En effet, au-delà de cette exigence de nationalité d'origine, il semble pertinent d'introduire un critère supplémentaire, à savoir l'exclusivité de la nationalité congolaise. Cela signifierait qu'un candidat à la présidence ne pourrait détenir aucune autre nationalité », propose-t-il.

S'agissant du parrainage électoral, l'ex-souverainiste estime que ce mécanisme ne devrait pas être perçu comme une contrainte supplémentaire, mais plutôt comme un outil de légitimation démocratique. Le parrainage est, d'après lui, un instrument de confirmation de l'ancrage des candidats dans la réalité politique et un véritable moyen de représentation des aspirations des Congolais. Car, on ne peut pas garantir la représentativité réelle d'un candidat si celle-ci repose uniquement sur des soutiens artificiels.

« Le parrainage électoral se donne à voir en dispositif de mesure de la soutenabilité d'une candidature. En sollicitant un nombre déterminé de soutiens de 500 à 1000 parrainages émanant de figures publiques telles que députés, maires, conseillers municipaux ou autres autorités élues ou nommées, le postulant à la magistrature suprême ne saurait se contenter d'être une figure médiatique ou une construction de l'imaginaire collectif amplifiée par la publicité. Ce soutien électoral sera ainsi le garant d'une démocratie authentique, dépassant le simple exercice du vote, afin de s'enraciner dans les réalités sociales et politiques du peuple congolais », a martelé Franck Ngoma.

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