Comme le dit l'adage, un malheur n'arrive jamais seul. Quand ce ne sont pas les hommes qui en sont la cause, c'est Dame-Nature qui s'en mêle. La République démocratique du Congo vient d'en faire l'amère expérience.
De violentes inondations ont frappé la localité de Kasaba, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, dans la nuit du 8 au 9 mai 2025, à la suite du débordement des eaux du lac Tanganyika. De nombreux habitants sont portés disparus, et d'importants dégâts matériels ont été enregistrés.
Le lac Tanganyika a débordé, entraînant des sables, des pierres, et emportant plusieurs maisons à Kasaba. Presque toutes les habitations ont été emportées ou ensevelies sous le sable. Certaines ont été détruites par de grosses pierres charriées par les eaux du lac et des rivières environnantes. Aux lendemains de la catastrophe, le bilan, provisoire, faisait état de 104 morts, les recherches étant toujours en cours.
Et avec le risque d'épidémies que peut engendrer ce genre de cataclysme, il faut craindre le pire. C'est à croire que les malheurs de ce pays sont à la taille de ses richesses innombrables et de son gigantisme. Avec une superficie de deux millions de kilomètre-carré, la RDC est le 2e plus grand pays d'Afrique et 11e plus grand au monde. Elle est dotée de ressources naturelles exceptionnelles, notamment de minerais tels que le cobalt, le coltan et le cuivre, d'un potentiel hydroélectrique, des terres arables importantes, d'une biodiversité immense et de la deuxième plus grande forêt tropicale du monde.
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Les catastrophes sont fréquentes en RDC, particulièrement sur les rives des grands lacs de l'est du pays, environnées de collines fragilisées par la déforestation alimentée par le commerce de charbon. Rien qu'en 2023, des inondations avaient déjà causé la mort de 400 personnes dans plusieurs localités situées sur les rives du lac Kivu.
Pauvre Congo et pauvre Kivu, un espace déjà en proie et depuis des lustres à la guerre. La dernière en date, celle opposant l'Etat à l'AFC/M23, soutenu par le Rwanda voisin, qui a fait des centaines de morts et a envoyé dans la rue des milliers de déplacés. Il est vrai qu'on accuse souvent Dame Nature, mais souvent les hommes ne sont pas loin avec une mal gouvernance endémique, si bien que l'absence d'infrastructures reste criarde.
En attendant, l'urgence est de parer au plus pressé. Et cela passe par l'inhumation rapide et décente des victimes et la prise en charge conséquente des survivants en matière de gîte, de couvert et de soins. Dans la même vaine, espérons également que de nombreux pays voleront au secours de la RDC qui ploie depuis longtemps sous l'adversité. Et que les belligérants au conflit auront la décence de baisser les canons de leurs armes, le temps de compatir à la douleur des habitants éplorés. Ce qui est moins sûr, la perfidie étant l'une des armes les plus usitées par ces temps qui courent.
