Après l'évolution de la position française sur le Sahara occidental l'été dernier, soit un soutien clair au plan d'autonomie sous souveraineté marocaine proposé par Rabat, Paris multiplie les signaux politiques à l'égard des autorités marocaines. Après les visites de la ministre de la Culture française Rachida Dati, du président du Sénat Gérard Larcher ou encore de l'ambassadeur de France au Maroc dans les régions du Sahara occidental administrées par le Maroc, l'Agence française de développement annonce son intention d'investir dans ce territoire considéré comme « non autonome » par l'ONU. Le directeur de l'AFD Remy Rioux achève ce lundi 12 mai une visite de trois jours à Laâyoune et à Dakhla.
En étroite collaboration avec les autorités du Maroc, la délégation de l'Agence française de développement s'est rendue dans plusieurs ports de la région ainsi que dans un centre de formation professionnelle récemment construit à Laâyoune.
Son directeur général Remy Rioux a annoncé son intention d'investir au Sahara Occidental. « De l'ordre de 150 millions (d'euros), pour commencer, d'investissements dans les "Provinces du Sud", c'était une mission pour le dire, d'écoute, et puis d'identification des premières opérations qui pourraient apporter du bien-être, de la croissance, de la protection de l'environnement, c'est un écosystème exceptionnel, mais très fragile également ».
Des investissements sous forme de prêts
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Des investissements sous la forme de prêts aux régions administrées par le Maroc qui comptent un peu de 600 000 habitants, et qui pourraient concerner le secteur de l'assainissement et plus certainement la modernisation des ports. Depuis 1976 et le début du conflit qui oppose le Maroc ou Front Polisario, soutenu par l'Algérie, la communauté internationale n'investit pas dans ce territoire disputé. Selon l'AFD, il serait toutefois possible de le faire sans contrevenir au droit international.
« Le droit international public ne dit pas qu'il est interdit d'investir dans des territoires non autonomes ou contestés, ce sont des textes aux Nations unies, et puis une décision de justice au niveau européen, qui fixe un cadre qui dépasse l'Europe. Ils fixent en revanche un certain nombre de critères, de conditions qu'il faut respecter pour être conforme au droit international public ».
Les autorités locales ont montré un vif intérêt pour ce type d'investissement alors que le Maroc a misé sur un développement rapide du territoire en termes d'infrastructures. Un forum d'affaires des entreprises françaises devrait se tenir à la fin de l'année au Sahara occidental.