En Côte d'Ivoire, le Salon international du livre d'Abidjan (Sila) a refermé samedi 10 mai les portes de sa 15ème édition. Depuis mardi 6 mai, le parc des expositions de Port-Bouët a vibré au rythme des livres, des lectures et des débats, un rendez-vous qui célèbre les littératures du monde et met en lumière les talents ivoiriens et africains.
Difficile de se frayer un chemin dans les allées bondées du Sila. Petits et grands se pressent autour des stands, à la recherche d'un roman, d'un recueil de poésie ou d'une bande dessinée à emporter.
Cet engouement ravit la romancière Mahoua S. Bakayoko : « Cette fréquentation est en hausse et c'est à louer. Cela veut dire que, quelque part, le message d'éducation, d'amener les Ivoiriens à la lecture, porte ses fruits. »
Le Sila, c'est aussi une opportunité économique pour les auteurs, mais pour les jeunes plumes, la partie est loin d'être gagnée.
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Fulgence N'Cho, auteur depuis deux ans, n'a vendu qu'une vingtaine de livres en cinq jours : « Ces personnes ont des idées déjà arrêtées sur certains livres, des auteurs qu'ils connaissent dans les écoles. Ils ne cherchent pas à découvrir d'autres livres. C'est ça qui crée le problème. »
L'accès au livre reste aussi freiné par son prix. Le coût du papier pèse lourd, regrette Anzata Ouattara, écrivaine et éditrice : « On aimerait pouvoir faire des livres abordables pour que ce soit accessible à tout le monde, mais le prix du papier fait que les imprimeurs sont vraiment contraints de proposer des tarifs très élevés. Et c'est difficile. »
Pour promouvoir la lecture, notamment auprès des plus jeunes, le ministère de la Culture et de la Francophonie mise, entre autres, sur les Centres de lecture et d'action culturelle. Il en existe 19 à travers le pays et les livres y sont accessibles gratuitement.