Guinée: Présidentielle et législatives guinéennes - Ce scoop premier ministériel venu d'Abidjan

Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne.
analyse

Les choses se précisent un peu plus en Guinée. On se rappelle que lors de son adresse à la Nation, le 31 décembre 2024, à l'occasion du nouvel an, le général d'armée, Mamadi Doumbouya, avait affirmé que les élections générales pour un retour à une vie constitutionnelle normale auraient lieu dans le courant de 2025.

Une annonce qui avait été prise avec une certaine réserve, voire un scepticisme certain, par les Guinéens dans la mesure où cela faisait déjà trois ans et demi que le pays était engagé dans une interminable transition, après le coup d'Etat du 5 septembre 2021 qui a renversé le Professeur Alpha Condé.

Malgré les injonctions de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et les revendications d'une partie de la classe politique ainsi que de la société civile guinéenne, le nouveau locataire de Sékhoutouréya semblait prendre son temps. Mais voilà que quelques quatre mois après l'annonce faite aux Guinéens, c'est son Premier ministre, Amadou Oury Bah, qui a précisé les choses. C'était le 12 mai à Abidjan, au cours de l'Africa CEO Forum. Un événementiel qui, depuis 2012, est consacré aux acteurs du secteur privé africain qui sont connectés entre eux en permanence, ainsi qu'avec des décideurs politiques et des investisseurs, entre autres.

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Si l'on croit, en effet, ce que dit le chef du gouvernement guinéen, le référendum constitutionnel devrait avoir lieu le 21 septembre prochain puis en décembre, les élections couplées présidentielle et législatives. On ne sait pas vraiment si Abidjan était le lieu indiqué pour une annonce de cette importance qui aurait pu se faire au pays, mais cela semble procéder d'une cour faite aux potentiels investisseurs sur l'attractivité du pays de Sékou Touré.

Le Premier ministre a aussi parlé de la concrétisation du projet minier Simandou, de l'arrivée du premier train chargé de fer au port Morebaya prévue pour le 25 novembre, en un mot comme en mille, des potentialités économiques du pays.

Et pour bien montrer que son pays est fréquentable, ce scoop premier ministériel semble vouloir dire que sur le plan socio-politique, les choses sont en train de rentrer dans l'ordre. Reste maintenant à ce que ce calendrier soit tenu mais sur ce point, on a de sérieuses raisons de s'interroger. Nous ne sommes, en effet, qu'à trois mois du référendum et à huit mois des élections couplées, mais force est de reconnaître que la Guinée est loin d'être prête. Qu'il s'agisse notamment du fichier électoral, quand bien même l'enrôlement serait en cours, mais de quel fichier cela va-t-il accoucher, là est la grande question.

Qu'à cela ne tienne, quelles que soient les conditions dans lesquelles ces scrutins seront organisés, on ne le sait que trop, le principal objectif de ces consultations électorales n'est rien d'autre que de légaliser le pouvoir de l'ancien patron des forces spéciales guinéennes qui est arrivée aux affaires au son de la canonnière et qui veut, à l'image de tant d'autres militaires qui se sont emparés du pouvoir, mettre une petite couche de vernis démocratique sur son affaire. Comme l'a fait, il n'y a pas encore si longtemps, le général Brice Clotaire Oligui Nguema au Gabon.

En attendant, c'est un processus électoral qui se déroule dans un climat de terreur avec les enlèvements et les disparitions de certains militants de la société civile, de la classe politique et des journalistes qui sont littéralement traqués, embastillés, quand ils ne sont pas contraints à l'exil à l'image de Cellou Dalein Diallo, Mamadou Billo Bah, Oumar Sylla alias Foniké Menguè et Ibrahima Diallo.

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