C'est Jakarta qui abrite cette année la 19e conférence de l'Union parlementaire des États membres de l'Organisation de la coopération islamique (UPCI) et ses autres réunions connexes.
A la faveur de cette rencontre de la Oumma, le président de l'Assemblée législative de la transition burkinabè, le Dr Ousmane Bougouma, séjourne depuis le 13 mai dans la capitale du plus vaste archipel du monde. Et lors de la conférence des présidents tenue le mercredi 14 mai 2025, il a pris la parole et interpellé la communauté islamique sur la situation au Sahel. « En plus de Gaza, du Yémen et du Soudan, il y a le terrorisme également au Sahel », a-t-il signifié à la Oumma avant de les appeler à se mobiliser aux cotés des pays du Sahel pour faire face à l'hydre terroriste qui y sévit depuis maintenant plus d'une dizaine d'années.
Jakarta n'est pas la capitale des gratte-ciel. Mais c'est tout comme. Puisque avec ses centaines de bâtiments qui toisent le ciel, elle se classe douzième en la matière dans le monde. La capitale de l'archipel le plus vaste du globe est luxuriante avec sa végétation, ses lieux emblématiques et historiques. En ce mardi soir du mois de mai et peu après 18 heures, une averse arrose Jakarta qui a déjà les pieds dans les eaux de la mer de Java.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Arrivé un soir d'orage à Jakarta dans le cadre de la 19e conférence de l'Union parlementaire des États membres de l'Organisation de la coopération islamique (UPCI), le président de l'Assemblée législative de la transition burkinabè, le Dr Ousmane Bougouma et sa délégation ont élu domicile dans le somptueux et élégant hôtel au coeur de Jakarta.
Le lendemain, le mercredi 14 mai, lors de la conférence des présidents, il s'est adressé à la communauté islamique. Dans la salle de réunion Paripurna, l'ambiance est solennelle. Le ton aussi. Un petit garçon drapé d'un costume noir et coiffé d'un bonnet de la même couleur psalmodie quelques versets du saint Coran. Puis vint le moment des discours.
Vêtu d'un complet Faso danfani et face à ses paires, le chef du parlement burkinabè a tout de go témoigné sa gratitude à l'UPCI pour cette tribune qui leur permet de se prononcer sur des sujets aux enjeux d'envergure nationale et internationale et de remercier ses hôtes indonésiens pour l'accueil chaleureux.
Dans son adresse, il a, entre autres, interpellé les pays membres de l'Organisation de la coopération islamique sur la crise sécuritaire qui secoue les pays de la Confédération des États du Sahel (AES) depuis plus d'une dizaine d'années et souligner la nécessité et l'urgence à la Ouma de se mobiliser pour faire face au terrorisme au Sahel.
« La lutte que nous menons dans l'espace AES est un combat pour la sécurité du monde, un bien absolument indivisible. Nul pays n'est à l'abri du terrorisme, et la lutte contre l'extrémisme devrait donc concerner tous les pays. Je voudrais rappeler à l'assistance qu'en plus des conflits à Gaza, au Yémen et au Soudan, il y a également la lutte contre le terrorisme au Sahel », a-t-il fait comprendre à la Oumma avant de les exhorter et de les appeler à une mobilisation accrue pour soutenir les efforts de lutte contre le terrorisme dans la région sahélienne.
Pour ce qui est du thème qui guide les travaux de la 19e conférence « Jubilé d'argent de l'UPCI : une gouvernance éclairée et des institutions fortes comme piliers de la résilience », le Dr Ousmane Bougouma a indiqué qu'il intéresse son pays à plusieurs égards. A travers ses fonctions régaliennes de vote des lois et de contrôle de l'action gouvernementale, dit-il, l'institution parlementaire burkinabè oeuvre à bâtir des institutions fortes, en phase avec les aspirations du peuple, et cela grâce au leadership du président du Faso qui veut une « gouvernance décidée par les Burkinabè et uniquement pour les intérêts du peuple burkinabè.
La Palestine au coeur des préoccupations de la Oumma
A la 19e conférence... la Palestine était omniprésente. Elle était dans toute les bouches. Certains ont enroulé autour de leurs cous des écharpes distribuées pour soutenir la cause palestinienne. C'était une tribune de protestations, de plaidoyers et de dénonciations. Et c'est le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Adama Bictogo, qui a donné le ton.
« Nous réaffirmons notre soutien à la Palestine et appelons à une trêve immédiate sans conditions pour permettre au peuple palestinien d'avoir un mois de Tabaski. Il faut rappeler et appeler à l'existence de la Palestine », avait-il déclaré Adama Bictogo et par ailleurs président sortant de l'UPCI avant de céder le crachoir à Mouhamed Kouraichi Niass secrétaire général de l'UPCI.
« Gaza, la ville inébranlable, subit des violences depuis des mois, des profanations de mosquées et l'agression de la Cisjordanie. Nous rejetons toute forme de déplacement des populations de leur terre en Palestine », a-t-il lui aussi protesté.
Puan Maharani présidente de la Chambre des représentants de la République d'Indonésie et désormais présidente en exercice de l'UPCI a, quant à lui, appelé la Oumma à se mobiliser pour trouver de quoi soulager et alléger la douleur des Palestiniens.
En effet, pour ceux qui sont en conclave dans le complexe parlementaire de l'Indonésie depuis, l'heure n'est plus à la condamnation mais à l'action. C'est le cas de l'Algérie qui, à travers le vice-président de son Assemblée populaire nationale, Rachid Zine, a déclaré que « l'étape actuelle exige d'aller au-delà des condamnations répétées et de passer à la prise de positions fortes et de mesures pratiques et concrètes pour soutenir le peuple palestinien ».
Lévi Constantin Konfé depuis Jakarta (Indonésie)
Lutte contre le terrorisme au Sahel
Le Burkina et l'OCI envisage une rencontre consacrée à la question
Ces genres de rencontres constituent des opportunités pour tisser des coopérations. En marge donc des activités de l'UPCI, le Dr Ousmane Bougouma a eu une entrevue avec le secrétaire général de l'UPCI Mouhamed Kouraichi Niass. Et durant une heure d'horloge environ ils ont évoqué la question de la zone du Sahel. Selon les dires du chef du Parlement burkinabè, il lui a traduit de vive voix les remerciements du peuple pour l'attention qu'il accorde au Sahel et de le rappeler que la zone traverse encore cette situation et a besoin de son accompagnement, du soutien de l'UPCI.
Lors de ce tête-à-tête avec le SG du l'UPCI, le Dr Ousmane Bougouma a plaidé pour que la question du Sahel soit inscrite dans l'agenda. En réponse et toujours selon les dires du président de l'ALT, Mouhamed Kouraichi Niass a suggéré d'organiser une rencontre internationale qui va regrouper les Etats de l'OCI autour de la question du terrorisme afin qu'ensemble ils puisent examiner les causes profondes du phénomène et esquisser en ensemble des solutions pour une paix durable.