Gabon: Une ONG dénonce l'«impunité» des autorités et une justice de classe

L'ONG gabonaise SOS Prisonniers a saisi mercredi 14 mai le nouveau ministre de la Justice Séraphin Akure-Davin, dans l'affaire Jerry Moussounda Nguembi. Ce jeune homme avait été battu à mort après son arrestation pour vol au domicile de la mère d'un général le 8 novembre à Libreville. Son décès n'a fait l'objet d'aucune enquête, déplore l'organisation, qui dénonce aussi une forme d'impunité et de justice de classe.

Selon le président de l'organisation pour les droits de l'homme, Lionel Engonga, le cas de Jerry Moussounda Nguembi est emblématique, car il n'est pas isolé et montre la permanence d'une forme d'impunité et de justice de classe. Lors d'une interview à RFI, il rappelle que le président Brice Oligui Nguema a promis du changement sur le sujet.

« D'abord, il a l'impression qu'il y a une justice pour les riches et il y a une autre pour les pauvres, nous ne comprenons pas que pour les faits aussi graves, où il y a eu mort d'homme, il y a aucune personne n'a été même placée en garde à vue alors qu'il y a tellement des éléments probants », s'indigne-t-il

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Quand le jeune homme a été conduit au commissariat, il avait déjà rendu l'âme. Parce que nous avons pu voir ses photos, allongé derrière une bâchée et l'acteur fait par le médecin légiste affirme qu'il est décédé suite à une agression physique. La famille n'a jamais été entendue. L'aîné a été même arrêté et placé en garde à vue pendant plusieurs jours et intimidé. Donc jusqu'aujourd'hui, la famille a peur. La famille de Jerry Moussounda Nguembi doit avoir accès procès équitable indépendant.

Et pas seulement cette famille. Parce qu'il y a plusieurs autres familles gabonaises qui sont dans l'ombre et qu'ils ne peuvent passent s'exprimer. Mais imaginez combien de parents peuvent avoir le courage de venir et de dénoncer une injustice qu'ils ont eu à subir. Parce que beaucoup craignent aussi les représailles après. Au-delà de cette transition où les militaires ont été au pouvoir, il y avait déjà des cas similaires où les personnes en uniforme semblaient être impunies. Avec l'arrivée des nouvelles autorités, nous espérons que ce serait simplement un lointain souvenir.

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