Les ponts de la résilience au Niger - Construire un avenir plus solide

15 Mai 2025
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African Development Bank (Abidjan)
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Sous la lumière des lampadaires alimentés à l'énergie solaire, Aichatou Alkassoum admire le pont Djibo Bakary à Farié, au Niger. « La nuit, on se croirait dans une rue moderne de Niamey », dit-elle fièrement. Aichatou, responsable du comité de gestion de l'école de Delewa, l'appelle « le pont du renouveau ».

Jadis, traverser le fleuve Niger à cet endroit signifiait des heures d'attente dans un bac instable, sous un soleil de plomb. Depuis janvier 2021, ce pont de 640 mètres de long, qui fait partie du Projet de route transsaharienne (RTS) de la Banque africaine de développement, a réduit les temps de trajet, reliant Kourthèye et Gothèye avec trois kilomètres de routes pavées et 180 lampadaires solaires. Financé à hauteur de 23 millions de dollars, pris sur l'enveloppe de 125 millions engagés par la Banque pour le RTS, ce pont constitue un axe vital pour le commerce le long des 9 022 kilomètres entre le Niger, l'Algérie et le Nigéria.

Le projet de la Banque au Niger, doté de 1,2 milliard de dollars, nourrit ce changement. À Maradi, Hachimou Abou Moussam, agriculteur de son état, avait prévu de déménager à Niamey pour fuir des conditions de vie difficiles. Puis, le Projet de mobilisation des eaux pour le renforcement de la sécurité alimentaire (PMERSA-MTZ, 13 millions de dollars depuis 2011) lui a permis d'obtenir deux puits, des pompes et des tuyaux d'irrigation. « Je cultive désormais du niébé toute l'année », se réjouit-il. À Maradi, Tahoua et Zinder, ce projet a permis de construire 47 barrages, 74 puits et 273 kilomètres de pistes rurales, irriguant 18 000 hectares. Les rendements agricoles ont bondi de 94 % et le revenu annuel de Hachimou a augmenté de 680 dollars, ce qui lui a permis de se fixer dans la région.

À Diffa, Arzika Assoumane, directeur de l'école professionnelle de Kalmaharo, loue les mérites du Projet d'appui au développement de l'enseignement et la formation professionnels et techniques (PADEFPT, 47 millions de dollars depuis 2010). « Nous sommes passés de 300 élèves à plus de 1 000 », se félicite-t-il. Avec 474 salles de classe construites dans l'ensemble du pays, 21 000 élèves formés et un taux de scolarisation des filles passé de 2,2 % à 8,4 % en 2020, le projet établit un pont entre les compétences et l'emploi. « La Banque africaine de développement a changé nos vies », assure-t-il.

Imaginez le pouvoir transformateur de la lumière. Le Projet d'électrification rurale, périurbaine et urbaine au Niger (68 millions de dollars investis depuis 2017) a non seulement porté la capacité de la centrale électrique de Gorou Banda à 100 mégawatts (+25 % de la capacité disponible), mais elle a aussi raccordé 68 400 familles, dépassant de 150 % les objectifs ambitieux fixés. Aujourd'hui, avec l'initiative Desert to Power de développement de centrales solaires et d'amélioration de l'accès à l'électricité (131 millions de dollars depuis 2022), le Niger fait un bond en avant vers l'énergie durable, ajoutant 30 mégawatts de capacité renouvelable et apportant l'électricité à 800 000 personnes pour changer leur vie.

Le projet d'appui au Programme Kandadji de régénération des écosystèmes et de mise en valeur de la Vallée du Niger (PA-KRESMIN, 126 millions de dollars investis depuis 2019) irrigue les champs et alimente en électricité 630 000 personnes. Ensemble, ces efforts, soutenus par 740 millions de dollars décaissés, transforment les terres et les populations du Niger en atouts. Comme l'indique Chief Amadou Boubacar, les 16 salles de classe et les puits construits par le RTS à Farié en sont le reflet : « Notre marché et notre centre de santé stimulent les revenus. »

Le Projet de dorsale transsaharienne à fibre optique (DTS) au Niger (43 millions d'euros depuis 2016) consiste à installer plus de 1 000 kilomètres de réseau de fibre optique à haut débit reliant le Niger à l'Algérie, au Nigéria, au Tchad, au Bénin et au Burkina Faso. Dans le nord du Niger, à Agadez, où la connectivité haut débit était autrefois un luxe, les jeunes entrepreneurs pourront désormais gérer leurs activités en ligne depuis leur smartphone. Il semble loin le temps où l'Internet était trop lent pour envoyer une photo. Bientôt, les agriculteurs, les petites entreprises et les artistes d'Arlit (240 km au nord d'Agadez) prendront des commandes en provenance de Niamey, voire d'Alger ou de Lagos. Ce projet transforme l'accès à l'éducation, aux services publics et aux marchés pour des milliers de personnes vivant dans des régions auparavant déconnectées. Au-delà d'un simple câble, c'est un chemin vers des opportunités, l'inclusion et l'innovation dans l'une des économies en pleine croissance de l'Afrique.

Cependant, avec un déficit continental de 402 milliards de dollars, il reste encore beaucoup à faire. Aichatou rêve de ponts plus larges, au sens propre comme au figuré. Les fonds intelligents de la Banque africaine de développement renforcent la résilience, un pont, une récolte, une fibre optique et une salle de classe à la fois.

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